Il faut trouver sa route, emprunter le chemin, la grande voie si bien tracée, ou le sentier plus difficile, qui serpente entre les embûches...
Il faut marcher, avancer, car c'est écrit, on nous l'a dit, et ... on le croit!
Il faut faire des choix, décider, ne pas trop attendre, aller de l'avant, vivre dans le présent et ne rien regretter...
Mais, pour raisonner ainsi, il faut s'imaginer errant, perdu dans un bois, à la recherche de l'auberge... Pour raisonner ainsi il faut croire qu'il y a une voie, une voix qui nous appelle... il faut, en quelque sorte, avoir la foi!
Car nous ne sommes pas perdus dans la forêt, car l'auberge que nous voulons chercher n'est que leurre ou chimère; étoile du berger, chant des sirènes...
Nous ne sommes pas dans la forêt, nous sommes dans un train, un train qui file entre deux villes, entre naissance et mort, un train dont l'arrêt est le terminus, un train de vie, bon ou mauvais, riche ou misérable... Et dans ce train, si nous pouvons marcher, si nous pouvons courir, si nous pouvons nous arrêter, dormir, boire, manger ou baiser, nous ne pouvons rien faire, que de sauter en route!
Nous sommes dans un train, et ce train va sans nous, ce train se fiche bien que nous soyons heureux, que nous soyons confiants, que nous soyons croyants... Ce train est mécanique, ce train est biologique, ce train est chimique.