Mode Calimero* on

La femme réclame l’enfant, l’homme le craint!
La femme attend en l’enfant le messie qui sauvera le monde, ou du moins donnera un sens unique à sa vie, l’homme attend en l’enfant celui qui déformera sa compagne et lui enlèvera peut-être tout désir!
La vie est ainsi faite qu’il me semble plus dur d’être père, que d’être mère…
La vie est ainsi faite que le père «oublie» bien plus souvent «des graines», alors que la mère n’oublie pas ses enfants…
Les relations père-fille croissent dans le bas age à la lumière du complexe d’oedipe: «mon papa que j’aime d’amour, je voudrais tant être ta femme»… Cette « heureuse » période ne dure pas! Le père devient vite la brute insensible, celui qui interdit, celui qui blesse, celui qui ne comprend pas, celui qui ne sait pas.
La mère devine, la mère intuitive anticipe, la mère comprend… Le père non! Il est toujours à coté, même quand il essaie, il n’est pas dans le rythme, déphasé d’un fonction cyclique que sa chronobiologie ne peut comprendre…
Les relations père-fils croissent dans le bas age à la lumière d’interrogations réciproques: «qu’elle est donc cette chose qui me vole l’amour de la femme qui me nourrit, me caresse, me console?» ; «qu’elle est donc cette chose qui bouleverse ma vie et me positionne au second plan, moi qui était tout pour elle?»… Cette «pénible» période de doutes réciproques ne dure pas! Le père devient vite «l’homme à abattre», celui par qui les interdits arrivent, le «vieux» qui ne comprend pas, le vieux con, celui à qui l’on ne ressemblera jamais, oh non, jamais!
Le père voudrait éduquer, le père voudrait instruire, le père ne sait pas! 
Le père représente au sein du couple la difficulté de la société, du monde qui nous entoure, la mère représente le plaisir et l’amour.
Le père ne sait pas !
Le père ne sait pas où se rangent les choses, le père ne sait pas changer la petite sœur, il faut que la mère lui montre, le père ne sait pas faire la cuisine aussi bien que la mère, le père ne sait pas faire marcher la machine à laver, acheter la bonne marque de lessive, faire les courses…
Dans l’imaginaire de l’enfant le père se construit dans l’ombre de la mère, noir, incomplet, inadapté, inapte à lui donner son bien-être.
Bien sur je caricature, bien sur tous les pères ne sont pas comme ça…
Bien sur il est des pères qui désirent des enfants, bien sur il est des pères qui savent changer leur bébé, bien sur il est des pères qui savent cuisiner… et, bien sur, il est des hommes qui, en plus de ne pas savoir, ignorent, ou veulent ignorer…
Et pourtant, malgré tous ses défauts le père est nécessaire, malgré toutes ses lacunes le père est utile!
En quoi me direz-vous? La femme moderne s’assume souvent financièrement, point n’est besoin pour cela d’un quelconque soutien paternel, et puis il y a les grands-parents…
Et bien le père est nécessaire car… il doit mourir !
C’est en tuant le père que l’enfant passe à l’age adulte.
C’est en tuant le père qu’il le comprend enfin, qu’il le regarde différemment, qu’il voit en lui l’homme qui a souffert, qui a renoncé à bien des choses pour élever ses enfants, mais qui ne s’est pas non plus sacrifié, car il n’a fait au fond que remplir son rôle, celui que la nature lui avait confié!
L’enfant ne tue jamais sa mère, la mère ne laisse jamais devenir adulte son petit.

Tel est le rôle du père: mourir pour permettre à ses enfants de passer à l’age adulte!

Mode Calimero* off

* Encore qualifié de dérisiopathéticocomique et caricatural, enjoy!