Je me demandais, comme ça, en passant, c’est quoi une relation virtuelle?
Quand je suis derrière mon clavier et mon écran je suis bien réel… toi avec qui je discute tu es bien réelle… En quoi clavier, écran et tuyauteries du net, qui ne font que remplacer la plume et le papier d’antan, transformeraient ils ces échanges en virtuels?
Il ne viendrait à personne l’idée de qualifier certaines libertines correspondances entre amants impossibles de «virtuelles». Platoniques, oui, mais pas virtuelles!
C’est bien un cœur qui bat, un esprit qui cogite… qui me font écrire ce que j’écris en cet instant! Alors pourquoi qualifier ceci de «virtuel»?
D’aucun répondront: «ces relations sont virtuelles car chacun s’invente un rôle, une personnalité… qui ne correspondent pas à la réalité»!
Soit, mais en disant cela on reconnaît que ce n’est pas le mode de communication qui conduit à la virtualité de la relation, mais la nature des sentiments qui en sont moteurs… C’est virtuel car c’est basé sur du mensonge… un peu spécieux comme argument, non? Je me vois bien plaider à la cours : «messieurs les jurés mon client doit être relâché car tous les crimes qu’il a commis il les a commis en mentant, et donc ils ne sont pas réellement de son fait !» A moins d’être déclaré fou, je doute que l’argument fasse mouche…
D’autres soutiendront que c’est virtuel car c’est du vent, même si ce n’est pas du mensonge, cela n’a rien de concret…
Là encore je ne puis adhérer. Les lignes qui défilent sur mon écran sont bien réelles, l’influence qu’elles peuvent avoir sur les sentiments de l’autre, ses comportements sont bien réels… Et quand bien même ces lignes ne seraient pas réelles mais purement imaginaires, quand bien même je ne discuterai avec aucune d’entre vous mais je n’écrirai qu’à une gigantesque machine qui s’occuperait de créer des réponses automatiques, cela serait il pour autant «virtuel»?
Je ne le crois pas!
La nuit je rêve, le matin, je m’en souviens ! Mes rêves bien que n’ayant généré aucune chose concrète ne sont pas pour autant «virtuels», ils sont juste le fruit de mon imaginaire, et comme mon imaginaire et moi ne faisons qu’une seule et même personne, je ne peux qualifier mes rêves de «virtuels», sauf à qualifier ma propre existence de «virtuelle».
Si donc ce n’est pas le support des échanges, ni même la nature réelle ou imaginaire de ce qui est échangé qui rend la chose «virtuelle», qu’est-ce que cela peut bien être?
J’ai beau réfléchir, je ne vois pas…
Pour moi les blogs sont réels, les textes sont réels, les sentiments sont réels!
Quand vous m’embrassez tendrement en posant vos lèvres sur les miennes j’en ressens un certain plaisir, une certaine satisfaction… cette satisfaction passe par les récepteurs sensitifs du toucher, de l’odeur… mais la stimulation de ces récepteurs ne m’apporte aucune satisfaction par elle-même, c’est l’intégration neurosensorielle qu’en fait mon cerveau qui me donne de la satisfaction quand vous m’embrassez!
Quand vous m’embrassez tendrement à la fin d’un de vos messages pourquoi ne devrais je pas en ressentir aussi de la satisfaction? La perception de votre baiser passe ici par la vue, et non le toucher, mais en quoi son intégration neurosensorielle devrait-elle être moins forte? Je ne vois pas comment répondre, sauf à considérer que la satisfaction de la vue donne moins de plaisir que la satisfaction du toucher… mais ceci est un autre débat… qui n’a pas grand-chose à voir avec la «virtualité».
Alors, si ce qui vous conduit à qualifier votre baiser de «virtuel» est lié au fait que l’intension n’y est pas, que votre baiser est une simple formule de politesse, au même titre que «à bientôt», si tel est bien le cas, je vous ai déjà prévenue: ne m’embrassez pas! Quoiqu’il en soit, ce baiser feint, n’en est pas moins réel que toute embrassade de fin de soirée entre «amis», qui se poursuit par un flot de médisances, une fois que l’on n’a plus en face les personnes embrassées…  
Ainsi au final je ne vois donc pas ce qu’il y a d’irréel ici, et pour conclure permettez-moi de me présenter:
« Je m'présente, je m'appelle Henri
J'voudrais bien réussir ma vie, être aimé
Etre beau gagner de l'argent
Puis surtout être intelligent
Mais pour tout ça il faudrait que j'bosse à plein temps…»