Cacophonies élémentaires

09 décembre 2016

Souvenirs imaginaires

Parlez-moi d’amour, dite-moi des choses tendres…
Parlez-moi tout court, laissez-moi vous entendre
Gouttez-vous votre vie, est-elle bien remplie ?
Vos désirs épanouis, avec un tendre ami ?
Donnez de vos nouvelles, êtes-vous toujours belle ?
Qu’est-ce qui vous anime, en votre fond intime ?
Riez-vous aux éclats, pleurez-vous en vos draps ?
Avez-vous du courroux, comptez-vous prendre époux ?

Souvenez-vous ce temps, où j’étais votre amant,
C’était il y a longtemps, je ne sais plus les ans…
Envoyez donc un signe, sachez que j’en suis digne
Car je pense à vous, vos jambes à mon cou,
Car de tous ces délires, qui nous ont tant fait rire,
Il reste souvenirs, il reste du plaisir.
Alors quoiqu’il advienne, laisser donc une trace,
Vous en avez la classe, et ça ne vaut la peine.

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04 décembre 2014

Combien de temps ?

Combien de temps nous faudra-t-il encore supporter cette insupportable lâcheté, ce déni de couille permanent ?

Je ne parle même pas d’honneur, de fierté, de nation, tout ceci est sans doute mort avec le dernier poilu, je parle juste de bon sens !

Ce bon sens paysan qui fait que l’on n’a pas besoin d’une alerte météo pour ne pas aller se promener au bord d’une rivière en crue, que l’on n’a pas besoin de souffler dans un ballon pour ne pas prendre le volant quand on ne peut plus lacer ses chaussures, ce bon sens paysan qui nous différencie des choses !

« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait » mais comment aujourd’hui fait-on pour différencier « les autres » ?

Notre monde se vide de sa substance comme un sexe de femme après l’amour, sans retenue, sans vergogne et… sans retour possible, je le crains !

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27 mai 2014

Société de cons sommation

Le fric, le pouvoir et le sexe, that’ s all

Aucune spiritualité, aucune valeur, l’argent a pris le pouvoir, ou le pouvoir a pris l’argent, au choix.

C’est de pire en pire, tous les jours un peu plus, rien n’y fait, tu rentres dans la ronde ou tu meurs ! Ou tu votes José et tu fais tes sgagues dans des toilettes sèches, dans ton univers décalé, HS et HC, hors service, hors circuit, tu crèves !

Société de cons, je te somme de justifier ton existence ?

RAS

Circulez y a rien à voir, crevez la bouche ouverte, rien à foutre !

200 000 selon les organisateurs, 20 000 selon la police, on s’en bat les steacks.

Moi et les petits oiseaux pour chier dans l’eau !

Je vous emmerde, je ne vous dis pas le dixième de ce que je pense de vous !

Vous ne valez rien, incapables de formuler trois phrases sans faire 15 fautes, incapables d’avoir une opinion et de vous y tenir, incapables d’avoir une idée du monde, de l’existence, du pourquoi

Incapables de donner un sens aux choses, incapables de sentir le sens des choses, la tendresse de l’instant, la fragilité de la rose.

Peu importe que l’idée soit fausse, pourvu qu’elle soit juste, que la cause soit juste, qu’elle le mérite

Mais que signifie le mot « mérite » ?

Plus rien ne se mérite, tout se joue, et je déteste ce jeu.

Prenez vos armures, montez sur vos chevaux, soyez droits, soyez fiers, soyez nobles !

Nobles de sentiments, nobles de cœur et d’esprit, francs.

Franc, le franc, le français

Révolutionnaire

Bastille, dentelle et jarretière

Bordel, boxon, sexe, amour, passion, mort, liberté

Delacroix, de la croix

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20 mai 2014

Les mots

Les mots sont faits de lettres, pour autant posséder quelque mots ne signifie point avoir des lettres.

Les lettres sont de fidèles serviteurs, elles se suivent et s’enchainent, elles créent le sens, donnent la vie aux mots.

Les mots sont fourbes, les mots sont traitres, ils accaparent le sens que leur ont donné les lettres pour le changer, le détourner, le rendre confus, improbable. Les mots sont des moutons qui gambadent dans le pré clôturé de l’esprit (Dieu que c’est con mais que ça m’amuse, traitres de mots qui me rendent cabot), sans chien pour les garder, les mots sont en désordre…

J’aime les mots car ils sont joueurs, j’aime les mots pour leur jeunesse, leur espièglerie, leur fantaisie.

Je déteste les mots pour leur désobéissance, leur faculté à s’extraire du langage, à s’exprimer de leur propre volonté, à quitter la pensée pour filer dans le monde. Les mots s’échappent, les mots s’évadent, prisonniers de l’esprit ils s’enfuient vivre leur vie, les mots sont à présent adultes…

J’aime les lettres, laborieuses, disciplinées, elles assument leur rôle. Fidèles ouvrières, les lettres sont fourmis, seules elles ne sont rien, ensembles elles sont tout.

Les lettres sacrifient leur existence pour la donner aux mots, qui la gaspille sans vergogne. Les mots qui doublent les ailes pour apprendre à voler, qui doublent les thés comme l’on fait dinette, qui doublent les meuh pour nous voir venir chèvre, qui doublent les pets pour nous indisposer.

Non vraiment, mots je vous haïs de ne point vous avoir !

Mais, mots, vous y perdez, les lettres sont vengées, car un écrit un mot quand on reçoit des lettres.

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Et vous qui êtes-vous ?

Vous qui passez sans me voir, non, vous qui passez en me voyant, vous qui passez en me scrutant, vous qui êtes interpellée par ces lignes, par ces mots, qui êtes-vous ?

Etes-vous une image un peu floue, un peu piquée, celle que renvoie un miroir trop usé d’avoir été tant regardé ? Un peu piquée de cette douce folie qui anime tout être en recherche, en questionnement, en création peut-être ? Un peu piquée au vif par des gens, des propos qui vous ont blessée, écorchée ?

Qui êtes-vous au fond de vous, le savez-vous, croyez-vous le savoir ?

Avez-vous une « identité », cette si belle identité que l’on revendique haut et fort comme gage d’individualité, d’unicité ?

Etes-vous quelqu’un, quelque chose, ou simplement un souffle, une âme qui se perd, trop tenue pour prendre forme, trop lointaine pour exister ?

Voyez-vous en ces mots un reflet de vous-même, y voyez-vous un scalpel, une pince, un extracteur de pensée ?

Au-delà de ce sentiment de partage que vous éprouvez en lisant, n’est-ce pas le désir de connaissance qui nous motive ? L’envie de connaitre, de se connaitre, peu importe que l’on prenne du plaisir, que l’on en donne, que l’on souffre, on a besoin de savoir… Croyez-vous que le savoir soit en ces lignes, croyez-vous que le savoir soit dans les mots ?

Les mots sont de vils lutins qui se jouent de nous, ils gambadent dans notre esprit, se poursuivent, se bousculent, viennent et repartent, mais ils sont vides de sens, oui, ils se jouent de nous.

Le savoir n’est pas ici, ni ailleurs, il est au plus profond de vous, laissez-le s’échapper, donner lui la vie, enfantez-le, vivez plutôt que de rêver.

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25 mai 2013

Un train

Il faut trouver sa route, emprunter le chemin, la grande voie si bien tracée, ou le sentier plus difficile, qui serpente entre les embûches...
Il faut marcher, avancer, car c'est écrit, on nous l'a dit, et ... on le croit!
Il faut faire des choix, décider, ne pas trop attendre, aller de l'avant, vivre dans le présent et ne rien regretter...
Mais, pour raisonner ainsi, il faut s'imaginer errant, perdu dans un bois, à la recherche de l'auberge... Pour raisonner ainsi il faut croire qu'il y a une voie, une voix qui nous appelle... il faut, en quelque sorte, avoir la foi!
Car nous ne sommes pas perdus dans la forêt, car l'auberge que nous voulons chercher n'est que leurre ou chimère; étoile du berger, chant des sirènes...
Nous ne sommes pas dans la forêt, nous sommes dans un train, un train qui file entre deux villes, entre naissance et mort, un train dont l'arrêt est le terminus, un train de vie, bon ou mauvais, riche ou misérable... Et dans ce train, si nous pouvons marcher, si nous pouvons courir, si nous pouvons nous arrêter, dormir, boire, manger ou baiser, nous ne pouvons rien faire, que de sauter en route!
Nous sommes dans un train, et ce train va sans nous, ce train se fiche bien que nous soyons heureux, que nous soyons confiants, que nous soyons croyants... Ce train est mécanique, ce train est biologique, ce train est chimique.

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11 avril 2013

Entre deux

Entre deux eaux, entre deux Flo, entre deux temps, entre un avant et un après, dans un présent qui file.
Etre entre deux c'est ne pas savoir si l'on est vraiment, c'est ne plus être soi-même sans pour autant être un autre, c'est exister tout simplement, privé de ses repères, privé de ses certitudes, privé d'objectif.
Etre entre deux c'est à la fois plaisant, comme un vent d'insouciance, et prodigieusement flippant, comme un vent de non être, comme un temps de paraître.
Etre entre deux c'est être ouvert aux autres, c'est découvrir des gens, des univers, des possibles peut-être. Etre entre deux c'est être fermé à soi, c'est refouler ses certitudes, c'est refouler ses constitutifs, ses principes, c'est ne plus savoir qui l'on est.
Etre entre deux c'est être gris, ni le yin ni le yang, ni le bien ni le mal, ni la joie ni la peine, c'est le temps du nini, c'est le temps des dénis, déni de ce que l'on a été, déni de ce qu'on a cru, des ni de toute chose, privé de nid?
Entre deux sans objectif, entre deux sans objet, entre deux est le vide, entre deux est l'univers, tel le serpent qui se mort la queue, entre deux est un tout fait de rien, comme un brouillard, comme un souffle, entre deux se répand...

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15 janvier 2013

Tomber

Tomber sept fois, se relever sept, cela suffirait, mais tomber sept fois, se relever six, c’est plus embêtant !
Tomber, n’a été inventé que pour se relever ? La réussite par l’échec, peu en importe le prix, peu importe si certains ne se relèvent pas !
La réussite une finalité qui génère des « déchets », des aléas, des ratés de production, des pièces faibles que la sélection naturelle élimine...
La vie est dure petit, il faut s’y faire... mais si la réussite a un prix, que vaut le prix à payer, quel est le prix de la réussite ?
Qui peut me donner le prix du bonheur, faut-il être millionnaire en euros, faut il un QI supérieur à 120, un 90-60-90, un sexe de 20cm ?
Le prix à payer est déterminé par le prix de la réussite, mais si la réussite n’a pas de prix, comment peut on le calculer ?
Quand la logique Cartésienne fait défaut la logique du cœur prend la relève pour s’écrier : il n’y a pas de prix à payer !
Etre malheureux aujourd’hui ne nous rendra pas heureux demain, si l’on est inapte au bonheur, il y a des chances pour que cela dure !
Tomber sept fois, se relever six, et... apprendre à ramper !

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Envie

Une envie de dentelles
Comme un souvenir d’ailes
Quand j’étais cet oiseau
Que vous trouviez si beau...

Une envie de douceur,
Qui fait battre le cœur,
Du temps ou je volais,
Du temps où je courrais.

Une envie de parfum,
Un souvenir d’embrun,
Qui mouillait votre lèvre,
Qui donnait cette fièvre.

Une envie de saveurs,
Un mélange d’odeurs,
Celui de votre fleur,
Celui de votre cœur.

Une envie de tendresse,
La douceur de vos fesses,
Un souvenir d’amour,
Un espoir de toujours...

Une envie de ce vin,
De ce plaisir divin,
Car il est souverain,
Délivré par vos mains

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07 janvier 2013

Voeux

C’est la nouvelle année...
Que l’on le veuille ou pas, elle est arrivée, tranquillement, sans se soucier de nos maux ni de la fin du monde, elle est là !
Alors, les familières habitudes nous conduisent à de convenues embrassades : « réjouissons nous de cet évènement si inattendu : le nouvel an ! »
Et pour cette année, on souhaite, aux autres, mais à soi-même en priorité, tant de bonnes choses que l’on espère, de bonheurs et de joies, et la santé, bien sur...
Je n’aime pas !
Bien sur je désire que les personnes pour lesquelles j’ai de l’affection soient bien, mais je n’aime pas cet excès de congratulation, cette ambiance festive, ce besoin de conjurer le mauvais sort, cet instant de lâcheté fasse à la vie et ses traîtrises !
Je ne crois pas !
Pas plus en Dieu qu’aux vœux du nouvel an, je ne crois pas en ces jérémiades : mon ami, si tu veux que ton année sois bonne, commence par te prendre en main !
Alors, chères lectrices, cher lecteur, je ne vous présente pas mes vœux, et je ne vous souhaite aucune réussite que vous ne mériteriez pas !
Ne me remerciez pas, c’est avec plaisir.

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25 décembre 2012

Sentiment

Etranges sont les sentiments qui nous habitent
L’amour, la passion, la colère, la haine, la peur, la compassion, la tendresse, le désir... je ne les énumèrerai pas tous, j’en oublierai, tant ils sont nombreux et variés. Pourtant, de tous ces sentiments, souvent contradictoires, voire opposés, le plus souvent un seul nous possède. Premier de cordée, il prend le dessus sur les autres pour les écraser de sa splendide !
Etrange sentiment dominateur qui cherche à s’imposer au dépend de ses petits camarades, tu n’es pourtant pas toujours le plus noble, le plus valeureux, le plus persistant, mais tu es le héros éphémère de l’embrasement de notre être...
En ton nom on soulèverait montagnes, renierait parents et patrie, on commettrait les pires atrocités, aveugle que tu nous a rendu, en nous persuadant de ta légitimité... En ton nom, on commet bassesses, on avilie, on humilie, on parle et l’on agit bien plus que l’on ne devrait, bien plus que l’on ne voudrait...
Etre sensible ou être sentimental, être doué de sentiments, être doté de sens ?
Pourtant, sentiment qui nous domine, tu es éphémère, et une fois ton forfait accompli tu te retires, comme d’autres, rapetissé, ramolli, vidé de ton âme... Sentiment dominateur, sentiment masculin, sentiment viril ? Membre dominant, membre masculin, membre viril ?
Membre de la tribu que tu cherches à dominer, sentiment étrange, ton pouvoir m’effraie...

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06 novembre 2012

Vous avez dis nuances?

Dans notre société le plaisir est sacré,
Que l’on soit salarié, retraité ou pédé,
Chacun veut son extase, c’est un droit, c’est acquis,
Dans la constitution, aujourd’hui c’est écrit,
Et c’est pour ce plaisir, que l’on veut bien souffrir,
Car désir sans plaisir, c’est frémir sans jouir.

Mon premier c’est désir, nous apprend la chanson,
Mon deuxième est plaisir, celui que nous cherchons,
Mais en trois vient souffrir, le prix que nous payons...
Si désir vient avant il n’est pas évident,
Que plaisir et souffrir soient tout aussi distants,
Car ils sont réunis, dans la marche du temps.

Ainsi de la douleur, vont bien naître les pleurs,
Mais elle est aussi lit, dans lequel on jouit,
Elle est aussi ce nid, dans lequel on grandit,
Et si bon est bonheur, doux n’est pas que douceur,
Doux est aussi douleur dans la marche du cœur,
Et douleur et douceur sont deux étranges sœurs...

Intimement mêlées, tendrement imbriquées,
Très souvent réunies dans le chemin de vie,
Que ce soit dans l’esprit, ou ce qu’on nome vit,
Vouloir les dissocier est un peu les castrer,
Il n’est pas évident d’isoler dans le temps,
Un instant très plaisant d’un moment de tourments...

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05 novembre 2012

Et le vers devint triste

Ainsi j’ai renoncé, au désir de vous plaire,
Enfin j’ai accepté, de bien vouloir le taire,
Ce sentiment brûlant, qui consumait mon âme,
La folie d’un amant, qui le rendait bien âne.

Car la vie est un jeu, qui vous fait bien des tours,
Et que pour être heureux, il faut trop de détours.
Je jette ainsi l’éponge, et ferme pour toujours,
Ce qui n’est plus qu’un songe, la porte de l’amour.

J’abandonne l’espoir, de conquérir un cœur,
Quand je ne peux avoir, que douleur et malheur.
La vie est ainsi faite, elle est parfois cruelle,
J’accepte ma défaite, car elle est sans appel !

Le chemin qu’il me reste, passera sans ardeur,
Car c’est à la cuisine, que je confis mon cœur !
Avec quelques lardons, faites le revenir,
Ou bien dans un chaudron, laissez le bien bouillir...

Je ne veux plus de lui, l’amour est assassin,
Et tant pis si la nuit, reste mon seul chemin,
Car il est à vomir, je me veux sans espoir,
Et au fond pour dormir, point n’est besoin d’y voir.

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17 septembre 2012

Parceque

Parce que l’on est tous un peu différents
Parce que l’on se cherche tous un peu ou beaucoup
Parce que quand on croit se trouver on se perd, ou l’on perd l’autre
Parce qu’il n’est sans doute pas possible d’être, être indéfiniment, être immuable
Parce que le temps passe et que le temps qui passe nous change
Parce que l’on croit qu’il est bon d’espérer, qu’il y a la vie, qu’il y les enfants
Parce que rien n’est jamais complètement perdu, complètement fini
Parce que rien n’est acquis, complètement fiable
Parce que c’est si compliqué, qu’au fond, je finis par ne plus croire
Parce que je crois me protéger en n’espérant pas, en n’attendant plus
Parce que j’ai remplacé le pourquoi
Par ce que j’ai remplacé le pour quoi
Mais je n’ai rien compris, rien expliqué
Parce que le renoncement n’est pas la sagesse

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27 juillet 2012

Reflexion

De tous les animaux de la terre, l’homme est celui qui a le plus développé de facultés susceptibles de modifier son environnement.
Ces facultés lui donnent un apparent pouvoir, sentiment de puissance, impression d’exister...
Cette impression de puissance, ce sentiment d’exister le renvoient à l’image de sa fragilité, de la dérisoire fragilité de la vie !
Dérisoire fragilité de la vie, capacité à détruire le monde, schizophrène terreau de la croyance en un au-delà, en un Dieu putatif, à la fois supérieur, puissant et bienveillant ?
C’est l’homme qui a créé Dieu à son image, et non l’inverse !

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21 juin 2012

Le temps

Il y a le beau temps, aussi le mauvais temps,
Et puis y a le temps gris, avec ou sans la pluie,
Le temps d’une photo, assis dessus un banc,
C’est le temps d’un instant, le temps parti trop tôt

Il y a le temps qui passe, celui qui nous terrasse,
Et le temps des amours, celui des pour toujours
Le temps que l’on oublie, c’est le temps des soucis,
Le temps que l’on retient, celui de petits riens.

Puis vient soudain le temps, où l’on n’a plus le temps,
Il est venu trop vite, il faut que l’on se quitte.
C’est le temps de la vie, déjà l’on est parti
C’est le temps de la vie, celle qu’on a chérie.

On n’a jamais le temps, alors on prend son temps
Le temps est relatif, le temps est subjectif,
Le temps est si poussif, le temps est intensif,
Le temps c’est de l’argent, le temps n’est que du vent.

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14 mai 2012

Identité

Je ne suis pas d’ici. Pas un étranger, pas un immigré, pas un expatrié, car je ne suis pas de là-bas non plus. Pas un Marsien, pas un extra-terrestre, car je ne suis bien un terrien.
Je ne suis simplement pas d’ici, pas de ce monde, pas de ses croyances, pas de ce temps. Je ne sais pas si je suis d’un autre temps, peut-être, mais cet ancien temps ne m’étant pas connu, je n’en ai pas la nostalgie...
Je ne suis pas d’ici car je ne vous comprends pas, car sans être différent de vous, je ne raisonne pas comme vous, car si les ressorts sont les mêmes la force résultante est différente.
Je ne prétends pas être meilleur, ni plus mauvais, j’ai simplement cet étrange sentiment de n’être pas à ma place ici. Je ne prétends pas n’avoir aucun rôle, je n’ai même pas la prétention d’être inutile, j’ai juste l’impression de ne pas être des vôtres.
Je n’ai pas l’excuse de ne pas comprendre, je n’ai pas l’excuse de l’inconscience ou de l'ignorance, je ne crois même pas avoir l’arrogance de la vanité, je n’ai simplement pas la force d’être autrement.
Alors, n’étant pas d’ici, je me dis que je n’ai pas d’identité propre, car l’identité n’est pas le fait d’être, mais le fait d’être un parmi les autres, et je ne suis pas des vôtres. Je ne suis pas un sans papier, je ne suis pas sans reconnaissance, je ne suis simplement pas reconnu/compris/aimé pour ce que je suis, alors même si je vis avec vous, je ne suis pas des vôtres. Je suis un anonyme, je suis dans cette foule sans en faire partie, je suis ce pion que le destin chahute, je suis un homme.

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26 février 2012

Moi, moi et moi

A la recherche de la connaissance du soi… ou qu’elle place donner à l’inconscient, que je préfère qualifier de « ça », plus caricatural, une façon de personnaliser la bête et par là de l’apprivoiser ?
Sur le chemin de la connaissance du soi, disais-je, on croise donc le « ça », et, comme pour toute rencontre, il me semble que plus que la rencontre en elle-même, c’est l’importance que l’on désire lui accorder qui compte !
Entre négation obstinée de son existence et désir de vouloir en faire le Maestro de tous ses actes, il y a, il me semble, un juste milieu : « ça » je ne nie pas ton existence, je dis simplement qu’il est trop facile de te rendre responsable de tous mes ratés, et je dois bien te le dire, tu n’es pas celui qui gouverne ma vie à mon insu ; j’en suis désolé pour toi ! Tu n’es qu’un vestige qui réapparait par moment, parfois violement, certes, mais tu n’es qu’un fantôme du passé, fantôme de mon existence passée, fantôme du cerveau primitif de l’être humain, je suis bon prince, je te laisse le choix, et même la possibilité de choisir d’être les deux à la fois…
« ça », il me plait de te comparer à « Dieu ». Pas plus que lui tu n’as de sens, pas plus que lui tu n’as d’existence propre. Tu n’existes pas dans l’absolu, tu n’existes que par la place que « je » désire t’accorder. La force de « Dieu » ne réside pas dans son existence mais dans la foi que lui portent les hommes ! Ce n’est pas « Dieu » qui a fait les croisades, ce sont les hommes qui les ont faites… en son nom ; comme si massacrer son prochain par simple appât du gain et d’un certain désir de domination faisait honte !
« ça », tu ne me fais pas honte, la place que je t’accorde à mes cotés est bien réelle, mais tu es à mes cotés, tu es mon compagnon, mon nécessaire compagnon, mais pas « moi », pas ma conscience, pas celui qui gouverne ma vie ! « ça », je t’ai évoqué à maintes reprises, dans le désir sexuel notamment, tu es particulièrement nécessaire, tu es celui qui permet de plonger dans d’obscurs fantasmes sans honte, celui qui quelque part excuse, celui qui permet la jouissance... « ça », tu es un élément du « lâcher prise », mais tu n’es pas le « lâcher prise », et ce n’est pas en faisant de toi « le guide » que j’accèderai à « l’illumination ». Je ne jouerai pas le Bernanos qui s’auto-flagelle pour purifier son corps de ses pêchers, « ça », je ne te donnerai pas la place que tu n’as pas !
Et que l’on ne me dise pas que mon obstination à refuser d’accepter que tu diriges ma vie, ou même seulement mes actes manqués, est la preuve de ton importance, car je ne nie pas ton importance, je dis juste que l’obstination humaine ne crée pas la chose, mais la croyance que l’on a en cette chose… Ce n’est pas le fait de refuser de croire que la terre est ronde qui a empêché la terre d’être ronde, et ce n’est pas non plus d’affirmer que la terre est plate qui lui a permis de le devenir. « ça », tu n’as au fond que l’importance que je veux bien t’accorder, ton existence dépend de « moi », et non l’inverse : que je meure et tu disparaîtras !
Et mon discours n’est pas une vibrante plaidoirie à l’apologie de la maîtrise et du contrôle, mon discours est même tout le contraire ! Ce n’est pas en instaurant une séparation schizophrénique entre « ça » et « moi », que ce soit pour nier l’existence de « ça » ou pour lui reconnaître une liberté propre, que l’on parvient, à mon sens, à s’accepter et se comprendre ! Mon discours vise simplement à remettre « ça » à sa juste place, comme un élément constitutif de « moi ». Mon « ça » ne décide pas, mon « ça » impulse, mon « ça » est l’explosion qui permet au moteur de faire avancer la voiture, mon « ça » n’est ni la voiture, ni même le moteur et encore moins le trajet ! Je refuse que l’on donne plus de place à mon « ça », et je le refuse car je crois que c’est une erreur ! On ne mesure pas la grandeur de l’homme à son opiniâtreté à traquer la bête, on la mesure à sa capacité à pardonner à la bête tout le mal qu’elle a pu lui faire, car, au fond, la bête n’est pas responsable du fait que l’homme n’a pas été capable de se garder d’elle…
Je ne sais pas quel est le chemin, mais je crois fermement que c’est se fourvoyer que de penser que c’est « ça » qui nous guide ; ce n’est en tout cas pas la voie que je désire emprunter ! J’évoquais à plusieurs reprises le sentiment, peut-être un brin orgueilleux, de progresser, d’être différent chaque jour, peu a peu plus accompli. Ce sentiment, qui procède du temps, me semble nécessaire à l’acceptation de l’âge, et plus encore, à la jouissance de la vie. Ce sentiment passe par la compréhension, l’intégration, l’appropriation, l’acceptation de ses actes, de ses choix, qu’ils soient manqués ou non, bons ou mauvais. Cette démarche replace l’être au centre de sa vie présente, entre passé qui est bien passé, et avenir qui n’est pas certain. Placer un putatif conflit entre « ça » et « sur-moi » au centre de sa vie n’est pas, il me semble, un bon moyen de progresser, mais plutôt un bon moyen de s’embourber dans le doute et l’angoisse, une forme de lâcheté qui conduit à refuser d’assumer ses contradictions en en rendant un autre, « ça », responsable... et à ce rythme là, ça peut durer longtemps !
C’est dans la grandeur de l’art, dans l’importance des choses inutiles, le soucis du détail, la beauté de l’image, la perfection de l’objet, la noblesse de la quête, des sentiments, la dérision, la contradiction, la sensualité… que se trouve, il me semble, le salut. Plonger dans ses pulsions pour interpréter ses actes n’est simplement pas mon chemin, et, je ne crois pas avoir de doute, pour une fois !
Moi, moi, émoi

Et pour celles (et ceux ?) qui ont un peu de temps, je vous invite à visionner ce reportage sur Edward Bernays, un neveu de Freud, charmante personne, c’est de famille...
http://www.risc.tv/media/edward-bernays-pere-propagande-manipulation-masse
Vous y verrez comment il est possible d’exploiter les pulsions de l’homme en tant que « masse laborieuse » à des fins de propagande commerciale ou politique ; on en sort... grandi !

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22 février 2012

Métaphore relationnelle

Au commencement était le cheval. Il galopait libre dans les plaines du monde, puis Dieu créa l’homme qui voulu domestiquer le cheval.
La relation de l’homme à l’animal passe par une phase d’observation réciproque, suivie d’une phase d’approche, de compréhension et d’échange, avant qu’une certaine confiance et complicité ne s’instaurent. Le cavalier et sa monture ne font alors plus qu’un ; véritable centaure dans lequel chacun garde son identité et tous deux se complètent pour créer un être nouveau dont les capacités sont décuplées ! Métaphore du couple idéal ?
Au cours de ses pérégrinations dans les plaines du monde, l’homme put aussi croiser l’âne. Etonné par l’endurance de la bête il se dit qu’il pourrait bien aussi le domestiquer. Fort de son expérience, l’homme tenta différentes manœuvres d’approche auprès de cet animal étrange, visiblement plus malin que le cheval, mais aussi plus borné. L’homme pensait obtenir beaucoup de l’âne, hélas il n’y parvenait pas, aucune complicité ne semblait possible, le seul moyen de le faire avancer étant « la carotte et le bâton » ! Pas de désir commun de se dépasser, pas de plaisir, pas de confiance, pas de complicité, juste une observation dubitative mêlée de perplexité et de méfiance réciproques, entrecoupée de temps de conflits ! Métaphore de la contractualisation domestique ?
Le cheval se mange, sous la forme de steak, l’âne se mange, passé à la moulinette, en saucisson !
L’homme est cavalier, mais la femme, est elle jument ou ânesse ?

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03 février 2012

Travailler son jardin

A l’époque où le travail n’est plus une valeur, civilisation du loisir, voire du plaisir, porter pour titre « Travailler son jardin » peu paraître quelque peu anachronique...
Point n’est question ici de vanter les mérites de l’exercice physique, ni de la position accroupie, du binage, ou de je ne sais quoi d’autre qui pourrait tout à la fois paraître agricole et tendancieux, c’est de désir et d’amour dont je veux parler !
Mêler désir et amour est en effet tellement évident qu’il me vient l’envie de m’y attarder... et ce de manière chronologique !
La relation que l’on peut entretenir à l’autre passe par différents paliers, étapes, dont le franchissement est décisif.
On pourrait croire qu’en premier vient la rencontre, l’instant magique, mais en premier il y a surtout l’avant. L’avant c’est le travail du sol, le labour plus ou moins en profondeur des sentiments et du manque, l’état pré-décisif qui permettra à la graine de germer. Si le sol est trop dur l’amour ne poussera pas. Une friche s’installera, plus ou moins colonisée par des buissons de sexe et des ornières orgiaques, mais le « bel amour » ne verra point le jour ! Il en va de même si le sol est trop tendre, trop mou : l’amour pourrira ! Trop vite éclos, très vite étouffé, l’amour, le bel amour, ne prendra pas racine !
C’est donc en sol ferme mais tendre, correctement drainé mais point asséché, que le ferment de l’amour peut germer. Un état d’esprit favorable, où le passé est dépassé, où le futur est incertain, où le présent a toute sa place.
Sur ce terrain propice l’amour va éclore, naturellement accompagné du désir. Tous deux font corps et poussent ensembles, se mêlent et se démêlent, s’enchevêtrent comme deux amants qui ne se séparent que pour mieux se retrouver... Période de croissance, moment de plénitude, instants toujours trop courts.
L’amour a grandi et le désir aussi ; ils ont fini par s’éloigner, l’un a poussé à gauche, l’autre à droite, l’un a colonisé le sol, l’autre a pris de l’altitude... ces deux lianes jadis unies l’une à l’autre sont à présent si distantes que l’une manque à l’autre, que l’autre manque à l’une, et que l’étiolement réciproque débute, progresse, se développe, et finit par ravager le bel amour et le puissant désir.
Le temps est sans pitié pour qui le laisse passer sans conscience. Le temps est éternel, le temps est dévastateur, le temps est éphémère
Mais ce n’est point le temps qui est en cause, mais bien le travailleur. Idiot que tu es de croire que les choses poussent, grandissent, et se font toujours plus belles, plus fortes, plus solides, comme ça, sans travail, par simple enchantement ! Le jardin d’Eden n’est qu’un conte de fées ; la nature laissée à elle-même n’est que friche et pagaille, désordre et pourriture...
L’amour se cultive, l’amour s’entretien, on le sait bien, et il en va de même du désir !
Imaginer que le mystère de l’inconnu, l’attrait pour la moitié qui nous a été arrachée, perdurera au-delà des ans est utopique : « tu connais tous mes sortilèges, je sais tous tes envoûtements ». Et il faut du talent, du courage aussi, pour entretenir le désir quand l’habitude s’est installée et que la contrariété grandit chaque jour de plus belle...
Il faut du talent, du savoir aussi, de la folie sans doute.
Il faut être capable de plonger dans son « ça », d’en faire remonter ses crades pulsions, d’en extraire son suc vicieux, de pétrir ses fantasmes, de les faire suer, de les malaxer encore et encore, pour que peu à peu ils submergent le « moi » et se répandent en une vague orgasmique sur notre « surmoi ». Il faut ravaler ses chagrins, étouffer ses rancoeurs, gratter la crasse relationnelle pour faire parler l’instinct animal. Il faut travailler son désir comme l’on travaille son amour, avec opiniâtreté, force, et talent...
Et si l’on ne veut pas, si l’on ne peut pas ?
Et bien on passe à autre chose, et d’autres choses en autres choses la vie se vide... Il n’est pas interdit de mourir en jeune con, mais quand on est vieux, c’est quand même un peu dommage !

Posté par philachev à 11:32 - - Commentaires [6] - Permalien [#]