17 novembre 2009
Le mur de la honte
Un collègue disait: «depuis que j’ai perdu la honte, je suis un homme heureux!»
Propos forts justes à n'en pas douter, pour qui est capable de la perdre, cette fameuse honte!
Cette honte stupide qui nous empêche d'être nous-même, qui nous paralyse en public, qui nous paralyse dans l'intimité, qui nous freine dans nos élans les meilleurs...
La honte est un mur auprès duquel on vit! On croit qu'il nous protège de la risée; il n'en est rien! Il nous rend ridicule, au contraire, pauvres êtres à l'ego démesuré que nous sommes, aveugles au monde qui nous entoure!
La honte est un mur dont la femme pourrait être la porte.... belle, sensuelle, amante, on ferait tout pour elle... par amour! Cet amour fou qui nous pousse à ne plus craindre la honte, des fois... mais des fois seulement, et c'est bien là que le bas blesse, car d'autres fois la honte l'emportera... Inconcevable, inacceptable, improbable victoire d'un sentiment égoïste sur un sentiment noble et généreux (bien que parfois tout aussi aveugle, je vous le concède): le triomphe de la honte sur l'amour!
Alors, si l'on n'y prend garde, peu a peu l'amour s'éteindra et la honte grandira; quelques millimètres, quelques centimètres, quelques mètres de plus, et le mur deviendra cage... Le mur étouffera tout vent de liberté, de créativité, de folie dérisoire, il cachera à tout jamais le soleil de la vie...
La porte que constituait la femme aimée n'est plus qu'un souvenir, un rêve, un tag dérisoire sur le mur de la honte...
Alors bien sur il existe d'autres portes...
Nos enfants sont des portes, autant de petits boulets de canon qui trouent le mur de la honte... Que ne ferait-on pas pour eux?
Seulement voilà, une différence énorme apparaît: on le fait "pour eux" et non "pour nous"! Le ridicule ne nous effraie plus car nous ne sommes plus nous-mêmes, nous jouons un rôle, celui de parent... Alors, ainsi, nous franchirons le mur de la honte, mais nous ne le franchirons que poussés et tirés par nos enfants, et dès qu'ils seront partis le cinglant élastique de la honte nous ramènera de l'autre côté, où nous resterons prostrés, un peu "honteux"! Le trou réalisé par nos enfants dans le mur de la honte ne sera pas entièrement rebouché, il sera juste grillagé, barré, barbelisé... de manière à être bien sûrs que notre coeur ne le réemprunte pas un jour, par mégarde...
Il existe d'autres portes, moins nobles, plus désespérées, chimiques, telles l'alcool ou la drogue... mais ces portes ne sont qu'illusion, elles ne nous permettent pas de "passer le mur", elles nous permettent juste de ne plus le voir... Non car tels des passe-muraille nous l'avons franchi et avons trouvé la liberté chérie, mais bien parce que tels des fossoyeurs nous avons creusé notre propre tombe à ses pieds, et qu'une fois le trou assez profond, même le mur de la honte n'est plus visible...
Et le temps va passer...
Le mur de la honte va s'éroder, se lézarder, quelques fleurs vont y pousser, mais au fur et à mesure qu'il se fragilise... nous nous fragilisons aussi! Nos ambitions s'étiolent, notre cœur se dessèche...
Alors au pied du mur nous prendrons un chien, miroir déformant de nos rêves passés, il nous donnera l'illusion de ne plus être seul...
Parfois une chatte passera près de nous, se frottera à l'angle du mur, l'escaladera en miaulant et en se tortillant, nous regardant en clignant des paupières, comme une invitation, comme pour nous rappeler que nous sommes encore hommes... Mais son doux regard nous glacera! Tel un poignard planté en plein coeur il nous rappellera à quel point nous avons été incapables, en d'autres temps, quand nous étions plus jeunes, plus beaux, plus forts... de suivre la minette par la porte entrouverte... Si nous en avons été incapables avant, en quoi en serions nous capables à présent?
Et peu a peu, inexorablement, le vent du ridicule et la peur du "on dit" finiront de nous dessécher au pied du mur de la honte... Finalement un souffle un peu plus fort qu'un autre, un incident geosysmique, abattra le mur de la honte qui nous écrasera sans pitié, incapable que nous avons été de l'abattre de notre vivant...
Ainsi je vous le dis, la honte est la pire des choses, le cancer de la confiance en soi, le ferment de la défaite!
La honte est la pire des maladies... honteuses!
16 novembre 2009
L'élan du coeur...
L’élan du cœur c’est quelque chose qui part du cœur, vous bloque la respiration, vous pique le nez et les yeux et vous donne un vague sentiment d’empathie mêlée de compassion et d’amour. C’est à la fois très agréable, sentiment de jeunesse, d’adolescence éternelle, et étouffant, sentiment de dépendance à des pulsions que l’on ne contrôle pas…
C’est ce qu’on ressent devant une nouvelle exceptionnelle
C’est ce que l’on ressent devant un destin tragique
C’est ce que l’on ressent en croisant une très jolie fille dans la rue
C’est ce que l’on ressent dans un lieu public après le passage d’une fille parfumée
C’est ce que l’on ressent devant une photo troublante
C’est un bébé qui tête le sein de sa mère, un enfant qui joue
C’est une petite fille frêle qui traverse la rue chargée de milles baguettes de pain
C’est tous ces petits riens, c’est mille choses au fond qui nous donnent le sentiment de n’être pas qu’une machine raisonnable mais un être vivant, avec ses faiblesses et ses paradoxes…
L’élan du cœur c’est la faculté à ressentir des choses auxquelles on est sensible, l’élan du cœur c’est le trouble irréel de l’intuition qui se transforme en sensation bien réelle…
L’élan du cœur c’est au fond la preuve de l’humanité de l’homme, c’est le défit perpétuel à la raison, c’est la victoire concrète de l’intuition dans un monde matérialisé à outrance.
L’élan du cœur c’est un désir d’amour à partager, de protection à donner, de tendresse à échanger… mélange de sentiments parfaitement fous dans un monde anonyme ou seul le profit et l’épanouissement personnel sont présents, tout ça teinté d’un peu de sexe, un peu beaucoup même…
L’élan du cœur c’est l’albatros dont les ailes trop grandes l’empêchent de marcher, c’est le bal de laze, c’est la poésie, l’art, la culture, l’histoire, la science au service de l’homme.
L’élan du cœur cela devrait être le nerf de la société, alors que c’en est le mal que l’on cache, la larme de crocodile que l’on étouffe, car assurément, non, cela ne se fait pas de pleurer ainsi pour un rien!
L’élan du cœur c’est ce que j’adore quand je t’aime et déteste quand tu m’exaspères.
L’élan du cœur c’est le miroir de mes paradoxes, je le sais bien, mais cela ne m’aide en rien…
12 novembre 2009
La sagesse
La sagesse… on nous la promet quand on est enfant, comme quelque chose d’un peu irréel, de grandiose… On ferait mieux de nous parler de notre premier orgasme, mais non, on nous parle de la sagesse! La sagesse, pour les enfants, c’est la non désobéissance… parlez d’une définition! La sagesse c’est la soumission, accepter l’autorité… heureusement qu’en tant que peuple nous ne sommes pas sages, sinon nous n’aurions pas fait la révolution…
La sagesse quand on est ado c’est de rentrer avant minuit, de ne pas fumer, de ne pas se droguer, et d’aller le dimanche chez la mémé_qui_pue. La sagesse c’est accepter les contraintes pour son bien et pour faire plaisir aux autres, la sagesse c’est le sacrifice de ses envies…
La sagesse quand on est adulte c’est la tranquillité, la quiétude de l’âme… la promesse de la fin de ses tourments… C’est une sorte de connaissance universelle que l’on troquerait contre sa prostate plus tard, bien plus tard, vers la soixantaine… La mort des démons, un pied dans la tombe…
Quand on est vieux la sagesse c’est quelque chose que l’on a… On ne sait pas vraiment pourquoi, un peu comme du diabète ou du cholestérol, sauf que ça c’est bien d’en avoir un peu plus que les autres… La sagesse c’est une consolation, ça remplace le sexe, le cigare et le whisky…
Alors la sagesse non, ce n’est rien de tout ça!
La sagesse c’est quand on est enfant de tirer la langue à sa maîtresse pour faire rire ses camarades sans se faire prendre… et c’est d’apporter le lendemain une rose à cette même maîtresse, car si elle n’a rien vu, on sait bien que, quelque part, on lui a fait de la peine…
La sagesse quand on est adolescent c’est de mettre sa main aux fesses de cette fille que l’on trouve si jolie, de la voir rougir, de prendre une gifle, et de lui écrire un poème bourré de fautes pour se faire pardonner! La sagesse c’est de confier à sa mémé_qui_pue la baffe que l’on vient de prendre dans la semaine et de lui expliquer qu’on viendrait bien la voir mais qu’on a enfin pu avoir un rencard au ciné avec la demoiselle ce samedi…
La sagesse quand on est adulte c’est de se dire qu’on ne comprend pas tout, mais que cela n’a pas d’importance… Se dire que les enfants grandissent, que les vieux vieillissent et qu’au milieu on est les plus heureux, même si à peu près rien ne va comme on le souhaiterait…. C’est se dire que l’amour est la plus belle des choses, qu’à devoir croire en quelque chose c’est bien en lui qu’il faut croire, au miracle de la vie, à la force des choses, à la beauté de l’art, à la douceur de la peau des femmes… Se dire qu’il n’y a rien de plus beau qu’une mère, qu’un soleil qui se lève sur des montagnes enneigées, qu’un soleil qui se couche sur un couple d’amoureux enlacés sur la plage…
La sagesse quand on est vieux c’est se dire qu’on est toujours là, qu’on peut profiter de milles petits plaisirs que l’on n’a pas eu le temps de savourer avant… Se dire que tout a une fin et que c’est très bien ainsi car sinon d’autres ne pourraient pas naître… Se dire que voir est un luxe, qu’entendre est un luxe, que savourer est un luxe… que la satisfaction de nos sens sont des choses merveilleuses dont on ne se lasse jamais…
La sagesse, c’est au fond de vivre, avec ses contradictions, avec les gens qui nous aiment, et ceux qui nous détestent…
10 novembre 2009
L'amante religieuse...
Cette formule a fait clic dans mon inqualifiable esprit…
Qu’il y a-t-il de plus désirable pour un homme qu’une religieuse amante?
Que les catholiques intégristes se rhabillent, je ne vais pas ici railler sur la religion, et oublier les religieuses en cornet, même si leur tenue fantasmagorique associée à de blasphématoires clichés ne sont pas sans provoquer chez moi de petites démangeaisons… au bout de mes dix doigts (ceux qui s’agitent sur le clavier exclusivement, du moins à ce stade).
Je vais en revanche évoquer le plaisir intense que peut ressentir un homme quand femme lui voue une religieuse dévotion!
L’amante religieuse, donc, celle-là même qui fascinée par son amant le couve du regard, l’idolâtre païennement, avec le sourire béat d’une Bernadette perverse. Celle-là même qui voit en lui l’aboutissement de ses désirs et rêves, la perfection faite mâle, n’ayons pas peur des mots: le prince charmant!
Qu’il est doux pour un homme de se sentir ainsi aimé… que dis-je aimé, adulé! Tel le sauveur du sexe faible, le messie de la condition féminine, le Dieu de ses déesses…
Qu’il est doux d’être grand, beau, fort, intelligent, viril, poilu et tatoué aux yeux de son amante…
Seulement voilà coco, dis toi bien un truc, les meilleures choses ont une fin!
Plus haut tu es monté, plus vite tu tomberas, et plus dure sera la chute!
Tu es sur un strapontin éjectable, convoité par une dizaine de salopards endimanchés, qui tout en prenant un verre avec toi, n’ont qu’une envie: bouffer ta religieuse!
La noblesse de tes sentiments envers toi ne va pas suffire à maintenir ton amante dans sa servile condition, aussi grande soit ta croix, elle ne comblera pas éternellement le précipice qui te fait face…
Car mon ami, la femme est changeante, et du statut d’amante religieuse elle virera bien vite à celui de mante religieuse, dont le seul objectif sera de te bouffer le foie, sous le fallacieux prétexte qu’elle a été aveuglée par son amour pour toi pendant un nombre variable de mois, dont elle compte te faire payer cher la location!
Faut-il la blâmer pour autant? Faut il lui reprocher ses frasques qui nous fascinent tant?
Peut-être, sûrement même, quelques coups de cravache bien placés lui remettraient certainement les esprits en place… Hélas mon bon ami, il n’est plus temps pour ce genre de jeux, et tu peux ranger cravache et gourdin, ce ne sont plus là les armes dont il te faut user!
De prince charmant te voilà ravalé au statut de pervers lubrique, qui n‘a jamais vu en elle qu’un «phénomène astrophysique dont le champ gravitationnel est si intense qu’il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper»! La métaphore est forte, mais telle en est bien sa perception des choses, et en matière de sentiments peu importe la réalité, seul le ressenti compte, car il est la source de son ressentiment…
Alors ami, si tu ne peux la fouetter, si tu ne veux la blâmer, si tu n’acceptes d’être dévoré par elle… un bon conseil: évite l’amante religieuse, et préfère lui l’amante enfant de cœur, dont tu seras le ludique complice…
09 novembre 2009
La Lionne
J’aurais pu intituler ce post «prendre son temps», mais cela lui aurait donné un coté plus philosophique, moins viscéral, moins bestial… ce qui ne me plaisait guère…
J’aurais pu l’intituler «l’attente», mais cela aurait sous-entendu que quelque chose devait se produire, «en attendant Godot», trop pathétique, la réponse ne vient jamais des autres, mais toujours de nous-même…
J’aurais du l’intituler «Le lion», car c’est bien de cette chanson qu’en est tirée l’inspiration, mais cela aurait sous-entendu que je m’identifiais au Lion, ce qui ne me plaisait pas, et n’est pas non plus le cas…
Alors je l’ai intitulé «La lionne», car au fond, si c’est bien le Lion qui répond, c’est avant tout la Lionne qui appelle…
Qui appelle au secours?
Non, qui appelle, qui appelle non pour être secourue mais pour être aimée… pour être aimée en tant que bête, pour être aimée pour ce qu’elle est, une force cruelle qui domine son monde, dont l’ombre seule terrorise la savane…
Aussi paradoxal que cela puisse paraître c’est bien d’amour dont la Lionne à besoin, et je dis bien besoin, et non envie… De cet amour bestial qui lui permettra d’accomplir son rôle ici bas: procréer, encore et encore, maintenir l’espèce, à tout prix…
Pour cela la Lionne a besoin du Lion, et elle l’appelle, elle le supplie de venir à son chevet, la satisfaire…
Alors, bien sur, la Lionne de Brel a évolué, bien sur elle n’appelle plus le Lion pour satisfaire un simple besoin de procréation… mais elle appelle toujours! Elle appelle car elle ressent en elle un manque, un besoin d’amour qui n’est plus seulement sexuel, un besoin d’être rassurée et surtout comprise…
Un besoin qui n’est plus seulement charnel, mais qui n’en est pas moins viscéral…
Mais voila, la Lionne est forte, trop forte… et à présent elle effraie le Lion!
Ainsi la Lionne est seule, très seule malgré la présence de ses petits, malgré la présence de ses sœurs, avec qui elle joue parfois…
Alors la Lionne appelle, et son cri déchire la nuit…
Mais que dit la chanson?
La chanson dit: «Vas-y pas Gaston», car cette Lionne incarne la tentation, cette Lionne incarne le péché, cette Lionne incarne le mal…
Cette Lionne si brillante, cette Lionne si belle, cette Lionne si désirable… tu ne dois pas céder à la tentation, tu ne dois pas être faible, tu dois attendre… Tu dois lui montrer que tu ne cours pas après elle, que tu n’as nul besoin d’elle, qu’à la rigueur, si ton emploi du temps le permet, tu veux bien consentir à passer lui faire un petit coucou, un jour, sous peu…
Et plus la Lionne hurle, plus tu te dois d’attendre!
Plus le cri est violent, plus tu dois être fort, plus tu dois y résister!
Mais voilà, le cri se meurt en plainte, le besoin en douleur…
De cet appel à l’amour il ne reste plus aujourd’hui qu’un cri de désespoir, un cri de rage, un sanglot…
L’attente a commué le désir d’amour en désir d’expiation, le plaisir en souffrance…
Alors au nom de quoi as-tu tant attendu? Quel autel méritait donc que tu lui sacrifies l’amour?
Est-ce la morale qui demande ce sacrifice? Le bien penser dont tu te moques si souvent? N’est-il pas facile de te prétendre aujourd’hui vertueux, après avoir clamé haut et fort ton dédain pour ce genre de «sentiment»?
Est-ce la timidité, est-ce la peur qui te conduisent à cette réserve? La peur d’être éconduit? La peur de t’engager, la peur de te confier, la peur de t’abandonner, la peur d’être abandonné, la peur d’être trahi?
Mais cette peur, vas-tu vivre sans cesse avec elle?
Crois tu que sa compagnie est préférable à la compagnie de l’amour?
Ne te rends tu donc pas compte, pauvre idiot, qu’en agissant ainsi tu sacrifies l’amour à l’autel de ton ego! Tel narcisse, à trop vouloir t’aimer, tu as peu à peu oublié que tu tirais ta force des autres, que le miroir que tu chérissais tant… n’était que les autres!
Alors, vas-y, n’attend pas, agit, comme si demain… était la fin du monde!
04 novembre 2009
As tu peur de la mort?
Chaque fois que je reregarde Pirates des caraïbes, la terrible question de Davy Jones «as-tu peur de la mort» fait mouche ! Ai-je peur de la mort?
Je ne peux m’empêcher de m’identifier au Commodore ou au capitaine Jack Sparrow et je m’interroge sur ce que serait ma réponse en de pareilles circonstances… Il est des fois ou je me dis que, à l’image de Sparrow, «tu peux même pas t’imaginer à quel point» pourrait bien être cette réponse, mais en me disant cela je ne puis réprimer un frisson de dégoût pour ma propre faiblesse… En d’autres moments je me rêve grand et fort, et tel le vaillant Commodore, je plante mon épée dans la terrible bête (mais non c’est pas cochon)… mais je ne puis m’empêcher de m’interroger sur la stupidité de ce geste gratuit!
Donc que répondre à cette question: «as-tu peur de la mort»?
«Non je n’ai pas peur, la vie est un passage»
Pour répondre ceci il est nécessaire d’en être persuadé, et qui dit passage dit porte d’entrée et… porte de sortie! Si la porte d’entrée nous est assez familière (en ce qui me concerne, non pour m’en souvenir de mon enfance, mais pour l’avoir empruntée par la suite…) la porte de sortie nous reste mystérieuse… Ou plus exactement, le chemin sur lequel cette porte ouvre nous reste mystérieux… Peut me chaut que le chemin soit difficile, tortueux, ou large et droit, j’aimerai bien être sur qu’il existe, et que cette porte ne donne pas sur un grand vide!
«Oui j’ai peur, car j’ignore ce qu’il y a après»
Mais à quoi bon avoir peur d’une chose qui nous arrivera quoi que l’on fasse et sur laquelle on n’a que très peu de marge de manœuvre? Ma raison me fait dire que c’est stupide, mes sens ne me disent rien, et mon intuition se perd en des conjectures confuses, dans lesquelles la science fiction et le fantastique ont remplacés la croyance en un être suprême… ce qui je dois bien le reconnaître n’est pas des plus glorieux…
Que répondre donc?
Qu’il nous faut accepter son destin?
Que nenni, je vous ai déjà expliqué que je ne croyais pas au destin, pas plus qu’en l’espoir, la seule chose en laquelle il me semblait utile de croire étant la nécessité de croire en soi, en sa capacité à changer le monde, ou du moins son monde, sa propre existence… cette croyance devenue certitude étant pour moi le socle nécessaire de la confiance en soi, qui permet par la suite la confiance en l’autre, et l’amour de l’autre… qui me semble la plus belle quête offerte à l’homme…
Donc si l’on ne peut répondre «non je n’ai pas peur», si l’on ne peut répondre «oui j’ai peur» et si l’on ne veut pas croire en son destin, on se doit de répondre: «je ne te répondrai pas».
Car après tout, à quoi bon chercher des réponses impossibles à des questions stupides?
Sur ces bonnes paroles je m’en vais me coucher, pour… rêver un peu!
03 novembre 2009
Une relation virtuelle?
Je me demandais, comme ça, en passant, c’est quoi une relation virtuelle?
Quand je suis derrière mon clavier et mon écran je suis bien réel… toi avec qui je discute tu es bien réelle… En quoi clavier, écran et tuyauteries du net, qui ne font que remplacer la plume et le papier d’antan, transformeraient ils ces échanges en virtuels?
Il ne viendrait à personne l’idée de qualifier certaines libertines correspondances entre amants impossibles de «virtuelles». Platoniques, oui, mais pas virtuelles!
C’est bien un cœur qui bat, un esprit qui cogite… qui me font écrire ce que j’écris en cet instant! Alors pourquoi qualifier ceci de «virtuel»?
D’aucun répondront: «ces relations sont virtuelles car chacun s’invente un rôle, une personnalité… qui ne correspondent pas à la réalité»!
Soit, mais en disant cela on reconnaît que ce n’est pas le mode de communication qui conduit à la virtualité de la relation, mais la nature des sentiments qui en sont moteurs… C’est virtuel car c’est basé sur du mensonge… un peu spécieux comme argument, non? Je me vois bien plaider à la cours : «messieurs les jurés mon client doit être relâché car tous les crimes qu’il a commis il les a commis en mentant, et donc ils ne sont pas réellement de son fait !» A moins d’être déclaré fou, je doute que l’argument fasse mouche…
D’autres soutiendront que c’est virtuel car c’est du vent, même si ce n’est pas du mensonge, cela n’a rien de concret…
Là encore je ne puis adhérer. Les lignes qui défilent sur mon écran sont bien réelles, l’influence qu’elles peuvent avoir sur les sentiments de l’autre, ses comportements sont bien réels… Et quand bien même ces lignes ne seraient pas réelles mais purement imaginaires, quand bien même je ne discuterai avec aucune d’entre vous mais je n’écrirai qu’à une gigantesque machine qui s’occuperait de créer des réponses automatiques, cela serait il pour autant «virtuel»?
Je ne le crois pas!
La nuit je rêve, le matin, je m’en souviens ! Mes rêves bien que n’ayant généré aucune chose concrète ne sont pas pour autant «virtuels», ils sont juste le fruit de mon imaginaire, et comme mon imaginaire et moi ne faisons qu’une seule et même personne, je ne peux qualifier mes rêves de «virtuels», sauf à qualifier ma propre existence de «virtuelle».
Si donc ce n’est pas le support des échanges, ni même la nature réelle ou imaginaire de ce qui est échangé qui rend la chose «virtuelle», qu’est-ce que cela peut bien être?
J’ai beau réfléchir, je ne vois pas…
Pour moi les blogs sont réels, les textes sont réels, les sentiments sont réels!
Quand vous m’embrassez tendrement en posant vos lèvres sur les miennes j’en ressens un certain plaisir, une certaine satisfaction… cette satisfaction passe par les récepteurs sensitifs du toucher, de l’odeur… mais la stimulation de ces récepteurs ne m’apporte aucune satisfaction par elle-même, c’est l’intégration neurosensorielle qu’en fait mon cerveau qui me donne de la satisfaction quand vous m’embrassez!
Quand vous m’embrassez tendrement à la fin d’un de vos messages pourquoi ne devrais je pas en ressentir aussi de la satisfaction? La perception de votre baiser passe ici par la vue, et non le toucher, mais en quoi son intégration neurosensorielle devrait-elle être moins forte? Je ne vois pas comment répondre, sauf à considérer que la satisfaction de la vue donne moins de plaisir que la satisfaction du toucher… mais ceci est un autre débat… qui n’a pas grand-chose à voir avec la «virtualité».
Alors, si ce qui vous conduit à qualifier votre baiser de «virtuel» est lié au fait que l’intension n’y est pas, que votre baiser est une simple formule de politesse, au même titre que «à bientôt», si tel est bien le cas, je vous ai déjà prévenue: ne m’embrassez pas! Quoiqu’il en soit, ce baiser feint, n’en est pas moins réel que toute embrassade de fin de soirée entre «amis», qui se poursuit par un flot de médisances, une fois que l’on n’a plus en face les personnes embrassées…
Ainsi au final je ne vois donc pas ce qu’il y a d’irréel ici, et pour conclure permettez-moi de me présenter:
« Je m'présente, je m'appelle Henri
J'voudrais bien réussir ma vie, être aimé
Etre beau gagner de l'argent
Puis surtout être intelligent
Mais pour tout ça il faudrait que j'bosse à plein temps…»
31 octobre 2009
Et la tendresse bordel ?
La tendresse, voyez-vous, mademoiselle, c’est un peu comme l’amant idéal, tout le monde en parle mais personne ne le connaît vraiment!
La tendresse c’est ce dont on a envie quand on est une fille, et c’est ce que l’on répugne à donner quand on est un garçon, un vrai, un dur, un tatoué, un qui pue!
La tendresse ce n’est pas masculin, ce n’est pas assez viril, c’est faible, c’est fragile, ça sent la fleur d’oranger et c’est emballé dans de la dentelle…
La tendresse ce n’est pas féminin, les femmes sont dynamiques, chefs d’entreprise, libérées, autonomes, maîtresses du monde … à défaut d’être maîtres d’elles-mêmes.
La tendresse c’est contre productif, ça vous empêche de licencier ce gros fainéant sous prétexte qu’il a 58 ans et 4 enfants.
La tendresse est vile, elle rime avec faiblesse, paresse, gentillesse et autres délicatesses dont nous n'avons que faire dans notre société où tout est organisé, pensé, hiérarchisé, catégorisé dans un souci d’efficacité et de productivité, tout en préservant son bilan carbone!
La tendresse est un sentiment désuet qui ne peut convenir à un monde moderne…
Vous dites?
Ha, c’est quoi au juste la tendresse, est-ce un sentiment, est-ce un sens?
Et bien, voyez-vous mademoiselle, la tendresse c’est une envie qui naît au creux du ventre, qui grandi en vous doucement, qui passe par votre cœur, puis qui vous noue la gorge, inonde vos yeux, pour mourir dans vos bras quand vous étreignez l’être aimé…
La tendresse c’est le sens de l’autre comme désir de protection et d’amour.
La tendresse c’est le père avec ses enfants, c’est l’amant avec sa compagne, c’est le fils avec son vieux père, sa vieille mère… La tendresse c’est la mère avec ses enfants, l’amante avec son amoureux, c’est la fille avec ses parents à présent si âgés…
La tendresse c’est cette force au fond de vous qui vous permet de croire et d’espérer en autrui, malgré toutes les misères qu’il a put vous faire et toutes celles qu’il vous fera encore…
Comment, que dites vous ?
La tendresse serait selon vous un sentiment indissociable de la nature humaine qui demeurait caché au fond de nous et qu’il conviendrait de réveiller?
Hélas non mademoiselle.
Si la raison a tué nos sens, la tendresse est morte avec la naissance de notre ego!
Cet ego démesuré qui me fait vous parler comme si j’avais quelque chose à vous dire, comme si j’avais quelque chose à vous enseigner, alors que c’est vous, si jeune, si douce, si belle qui devait tout m’apprendre, à moi, qui ai tout oublié…
23 octobre 2009
La mort de l'homme...
Les hommes se contentent de peu… ma foi, si vous le dites… mais quels sont donc les désirs de l’homme?
Déjà, pour commencer, ne pas oublier que si la femme attend de l’homme qu’il soit son père (et non son enfant) l’homme attend de la femme, qu’à défaut d’être sa mère, elle puisse être tout à la fois son public complaisant, son intendant méticuleux et sa muse mystérieuse…
Son public complaisant. L’homme aime plaire, séduire, se sentir admiré… plus il sera fatigué, plus ses blagues seront lourdes, plus ses calembours seront mauvais… plus vous devrez rire! L’homme est une brute, un dur, un tatoué, un qui pue, un mâââle… la nature lui a confié ce rôle! Mais voilà, l’homme a perdu ce rôle depuis que l’évolution lui a enlevé les plaisirs de la chasse, les joies du combat… ce rôle de bête sanguinaire et féroce qui se vautre dans les tripes et le sang… Depuis déjà quelques années, mesdames, l’homme se contente d’élever des poules, dont il admire le plumage, et de leur voler leurs œufs, qui sont, vous le reconnaîtrez aisément, autrement plus simples à cuisiner qu’un poulet à vider! Ne nous le cachons pas, l’homme ayant perdu sa place, perdu son rang, sa seule utilité est aujourd’hui d’être « porte couille »! Mais voilà, ce rôle est difficile à assumer pour celui qui n’en a pas conscience, pour celui qui au fond de lui-même est resté un homme, un vrai… Alors il a besoin de plaire, d’être rassuré, sur son utilité, son importance, sur l’amour que vous lui portez…
Son intendant méticuleux. L’homme est tueur, l’homme est chasseur, l’homme est dépouilleur, l’homme est tanneur, l’homme est bâtisseur… pas cuisinier, couturier ou ménager. Ce rôle est féminin, femelle nourricière, femelle protectrice, chienne de garde! Mais voilà, l’homme ayant perdu son rôle, la femme attend de lui qu’il participe aux tâches domestiques… logique… mais contre nature, irréel, inacceptable pour la génétique et l’homme, qui a perdu son rôle, mais pas son arrogance. L’homme qui ne sert plus à rien, mais se refuse à l’admettre, préfère dormir vautré dans le canapé devant la télé que faire la vaisselle debout dans la cuisine… Alors mesdames, ce rôle d’intendant vous reste, vous devez l’assumer, avec grâce, complaisance et … bonne humeur!
Sa muse mystérieuse. L’homme est brutal, l’homme est assassin, construit pour cogner d’abord et discuter ensuite. La femme lui est mystérieuse, son mode de fonctionnement lui est étranger… Il ne peut la comprendre, et le ne cherche pas. C’est donc bien à la femme de faire le chemin, de comprendre ce que l’homme ne peut comprendre, et l’ayant compris, de garder cette connaissance pour elle, comme un trésor intime… Son mystère, sa fragilité, sa douceur… émeuvent l’homme, comme le spectacle du brame à l’automne, comme les névés en été… c’est beau, c’est grand, c’est complexe… et ça peut bien le rester jusqu’à la fin du monde car c’est très bien ainsi! L’homme ne veut pas comprendre, l’homme ne veut pas vous comprendre, l’homme ne doit pas vous comprendre… car il aime votre mystère.
Alors mesdames, oui, l’homme, le vrai, est facile à contenter, un peu de bouffe beaucoup de sexe, beaucoup de bouffe un peu de sexe, voilà la seule évolution que vous êtes en droit d’attendre en 40 ans de vie commune!
Seulement voilà, cet homme là se meurt, cet homme là est une bête traquée, cet homme là est aux aboies, et tel la bête blessée, cet homme là est dangereux! Cet homme là est déjà dans l’histoire, entre l’australopithèque et le pithécanthrope, mais il refuse de l’admettre, alors il cogne, psychologiquement ou physiquement, il fait la seule chose que lui permet sa génétique vieillissante, et ce faisant, il accélère sa perte!
Cet homme là n’est plus… trinquons à sa disparition!
Alors si l’évolution a presque tué l’homme, que peut on encore attendre ou espérer de lui? Que pouvez-vous espérer, mesdames, d’une bête emprisonnée depuis des siècles?
Rien! Et cruel paradoxe, la punition de la femme est la disparition de l’homme!
Vous voilà seules, entre filles!
On discute tricot, on s’échange Tuperware et petites culottes… on fricote un peu aussi, mais au fond on ressent comme… un manque!
Alors femelles castratrices, vous qui contribuez à tuer le peut d’hommes qu’il reste, sachez que l’homme n’est pas complètement mort. Sachez que traqué, humilié, il a pris l’une d’entre vous et dans un ultime sursaut d’orgueil lui a greffé ses couilles! Sachez qu’une bête nouvelle est née, capable de vous comprendre, capable de vous ressembler en tous points, capable de lutter… Sachez qu’à n’avoir pas su aimer l’homme pour ce qu’il était, vous devrez à présent l’aimer… pour ce que vous êtes!
18 octobre 2009
J'aime les chevaux!
Non je n’aime pas les chevaux pour assouvir mon orgueil en me pavanant dessus le dimanche en tenue de garçon de café devant un panel de rombières clinquantes comme la vitrine de chez Dior… J’aime les chevaux pour eux-mêmes, leur bravoure, leur cœur…
Là je vois bien que la plupart d’entre vous ont déjà déconnecté… reconnaître un cheval d’un âne vous est sans doute difficile, alors imaginer qu’on puisse aimer ces bestioles pour autre chose que l’illusion de grandeur sociale qu’elles procurent vous dépasse sans doute a peu près autant que les nénés de Pamela Anderson dans un 90B !
Mais comme je suis bien brave, je vais tenter de vous expliquer …
Le cheval existe sous 3 formes : femelles, entiers (avec couilles), peu nombreux (comme chez les humains), castrés (sans couilles = hongres), les plus nombreux (je vous laisse continuer la comparaison).
Commençons par les hongres, car en plus d’être les plus nombreux se sont les plus intéressants, ceux avec lesquels la relation est la plus aboutie. Comme ils ont perdu leurs couilles, cela leur a permis de développer leur cerveau (NON mesdames, n’y pensez même pas, on n’obtient pas le même effet chez l’homme, ça donne juste une voix qui permet de chanter dans les églises). L’animal vous connaît, vous écoute, vous obéit et finira par vous donner tout ce que ses forces lui permettent. Le cœur d’un cheval est énorme, au propre comme au figuré. Il moura pour vous, non parce qu’il vous aime, mais parce qu’il aime vous obéir…
A cette relation assez simple, qu’on pourrait qualifier d’obéissance, s’ajoute avec le temps une relation plus complice : plus besoin de donner un ordre, la compréhension de ce qu’il faut faire est instantanée… Plus besoin de rênes pour se guider, vous tournez la tête, regardez une direction, votre monture devine où elle doit aller... Vous êtes alors récompensé des heures passées à lui apprendre, vous ne commandez plus, vous informez ! Tel le cavaler écorché de Fragonard, vous faites un ensemble indissociable, un couple parfait. C’est la fusion qui génère le centaure, la totale compréhension
Mais la relation homme-cheval ne se s’arrête pas à une intense complicité, elle va encore au-delà. La confiance donnée par l’animal est telle qu’il devient capable de se dépasser physiquement, de tenter des choses qu’il n’oserait pas accomplir seul et dont vous ne le pensiez peut-être pas capable… Vous vous surprenez mutuellement dans vos progrès réciproques et cette relation vous grandit. Vous êtes unis dans un même but : celui de se dépasser, d’aller plus loin, toujours plus loin… Vous êtes supérieur au centaure, car vous êtes deux ! A l’image du jeu amoureux vous poussez votre partenaire à aller au delà de lui-même, pour votre plaisir réciproque…
Il faudrait des heures pour décrire ce que l’on peut ressentir à cheval, communion parfaite avec la nature, sentiment d’équilibre, mélange d’apaisement et de grandeur… sensation d’être partie intégrante d’un tout cohérent et fonctionnel.
Et qu’en est il avec les autres formes de chevaux ?
En ce qui concerne les étalons, et bien c’est à peu la même chose qu’avec les hongres, mais avec des couilles en plus… On se doit (hélas) de reconnaître que le cerveau n’est donc pas toujours connecté, ce qui peut occasionner un certain nombre de dommages collatéraux, allant du petit bleu à la tête fracassée, en passant par la fracture et le morceau de viande arraché par… inadvertance !
Pour ce qui est des juments, et bien, que dire, la jument a globalement le caractère d’un hongre, avec en plus le caractère de la femme: c’est une emmerdeuse capricieuse parfois vicieuse! Donc je dois bien l’avouer, les juments quand elles sont équines ne sont pas mes préférées… je trouve moins dangereux et au final plus plaisant de voir une chatte vous narguer en se tortillant que de voir une jument vous foutre un grand coup de boule ou se jeter avec vous dans un fossé, sous prétexte qu’elle est d’humeur (belle expression consacrée par l’usage, n’est il pas ?).
Alors oui, j’aime les chevaux pour l’intensité de la relation qu’ils procurent, bien supérieure à celle ressentie avec toutes les autres espèces animales, peut-être même supérieure à celle éprouvée en compagnie de la meilleure des amantes … mais peut-être me reste t’il plus de choses à découvrir au lit qu’à cheval …
16 octobre 2009
J'aime les chats...
J’ai toujours aimé les chats, et plus encore … les chattes !
J’aime cette indépendance, ce caractère, cette douceur féroce… J’aime fourrer mon nez dans leur ventre douillet, les caresser délicatement, sentir leur odeur sucrée.
Enfant j’aimais les appeler le soir, les entendre répondre d’un Miaou faible, dormir avec elles, être réveillé au matin par leurs facéties, sentir leur petite langue râpeuse qui me faisait frissonner. J’aimais les voir se frotter, quémander des caresses, être si différentes à la saison des amours… J’étais inquiet de les savoir absentes, et si heureux de les retrouver après. J’aimais les voir inquiètes au moment de la mise bas, les voir venir sur/dans mon lit pour ce moment privilégié, preuve de leur totale confiance… J’aimais les voir donner à téter, voir ces petits gambader, les voir inquiètes aussi, à l’affût du moindre évènement qui pourrait mettre en danger leur progéniture. J’aimais les voir trimballer délicatement ces petits dans cette gueule féroce, les voir attaquer des chiens dix fois plus gros qu’elles, sans peur, sans doute.
Adulte j’aime toujours les appeler, entendre leur Meow équivoque, m’allonger à coté d’elles, les caresser, les couvrir de baisers, les chatouiller d’une langue douce qui les fait frissonner. J’aime les savoir amoureuses, j’aime voir leurs envies, j’aime leurs absences pour des retrouvailles plus fortes et plus intenses. J’aime voir leurs ventres arrondis, leur démarche langoureuse, les cernes dans leurs yeux. J’aime les voir nourrir ces petits ventres affamés, voir ces regards pleins d’amour réciproque que nous ne connaîtrons jamais. J’aime les voir sur leurs gardes, attentives, soucieuses du bien être de la chair de leur chair. J’aime savoir qu’il y a au monde une chose plus forte que tout, une force qui brave toutes les difficultés, une force qui repousse tous les danger, une force capable de faire fuir la mort elle-même…
J’aime les chattes pour leurs neufs vies, pour leur douceur et leur férocité, j’aime les chattes pour leurs paradoxes… J’aime savoir que nous ne sommes jamais leurs maîtres et que pourtant elles sont capables de tout pour nous, à la seule condition que nous sachions nous faire aimer d’elles…
08 octobre 2009
Faites entrer l'assassin...
J’ai déjà écrit que l’amour était pour moi la plu belle quête de l’homme. Une quête noble, qui nous grandi et qui semble accessible, à l’inverse de bien d’autres…
Seulement voilà, l’amour, quand on le tient, ou qu’on croit le tenir, il s’évapore, il se dilue, il s’évanouit, il meurt !
Pas toujours bien sur, certaines exceptions font baver d’envie, mais ce ne sont que des exceptions…
Alors qu’est ce qui tue l’amour ?
Est-ce la monotonie sexuelle qui progressivement s’installe, le manque de désir entre les partenaires ?
Je ne crois pas ! Si c’était aussi simple il suffirait de prendre un amant pour que tout rentre dans l’ordre… si c’était aussi simple tous les couples libertins seraient parfaitement stables et heureux… si c’était aussi simple notre société aurait érigé en principe universel un système différent de la monogamie, car au fond il n’est pas très « rentable » d’avoir des individus inamourés ou désamourés (deux néologismes que je revendique) qui vivent sous des toits différents… cela nuit considérablement à notre bilan carbone !
Est-ce l’habitude, la connaissance de toutes les clefs de l’autre ?
Certes cela peut y contribuer, mais il est tellement plus facile de faire plaisir quand on connaît l’autre que quand on ignore ce qui le fait vibrer. Il n’est pas bien difficile de se changer soi-même pour surprendre, pour éprouver à chaque fois le plaisir de la redécouverte… Petit WE en amoureux, sous vêtement sexy, fleurs, repas aux chandelles, jeux érotiques, simple attention, simple écoute… les possibilités ne manquent pas, pour qui veut les saisir…
Est-ce la découverte de l’autre en temps qu’animal, la découverte que les femmes ne sont pas des princesses qui ne font pas caca ? La déchéance corporelle au fil du temps…
Je ne crois pas non plus, sauf certaines exceptions. Certes les vicissitudes viscérales ne sont pas des plus agréables, mais une mère change bien son bébé des quantités de fois sans que cela ne la répugne. Les maladies sont parfois des épreuves difficiles, mais elles ne devraient pas être assez fortes pour tuer l’amour…
Est-ce l’ennui, la perte de l’envie d’avoir envie ? Est-ce le temps qui passe et qui nous change inéluctablement, inlassablement, lui ? Si c’est bien cela, si la simple course du temps est responsable de la mort de notre amour, n’était il pas bien fragile ?
L’amour ne meurt il pas si souvent simplement parce qu’il n’est pas assez fort ?
Et si cet amour se meurt car il n’était pas assez fort, était ce bien de l’amour ?
N’appelle t on pas amour des choses qui n’en sont pas ? Ne confond on pas le besoin de sexe et l’amour ? Ne confond on pas le désir de posséder et l’amour ? Ne confond on pas la peur de la solitude et l’amour ? Ne confond on pas le désir de fonder un foyer et l’amour ? Ne confond on pas la quête d’une reconnaissance sociale et l’amour ? Ne confond on pas la tendresse et l’amour ?
Dire « je t’aime » est si facile et si difficile à la fois, n’est ce pas là un indice ?
Combien peuvent dire qu’ils ont vraiment aimé ? Combien savent ce qu’aimer veut dire ?
On ne tue pas un amour qui n’est pas encore né, le plus souvent l’assassin de l’amour n’est autre que nous-mêmes ! Nous qui n’avons pas su prendre la peine de savoir le chercher, qui n’avons pas pris la peine de savoir le faire naître et grandir…
07 octobre 2009
L'amant idéal...
Que les choses soient claires, mesdames, je ne dresserai pas ici mon portrait ! Mon narcissique égo aurait plus tendance à me faire considérer comme l’amant impossible, le côté inaccessible convenant mieux à mon esprit complexe…
L’amant idéal, donc, vu par un homme… forcément !
Il va sans dire que l’amant idéal est grand fort, mince, musclé et … brun ! En un mot il est beau ! Car vous avez beau prétendre que la beauté est intérieure, il est bien clair que vous mouillez plus facilement culotte en présence d’un beau male que d’un nabot chauve, toutes choses étant égales par ailleurs…
L’amant idéal est intelligent, sensible, spirituel et … patient ! Il sait vous charmer par ses beaux mots, vous éblouir par ses connaissances, vous caresser dans le sens du poil, même si vous n’en avez plus. Attentif à vos attentes, il écoutera vos plaintes sans broncher, ayant une faculté d’abnégation telle qu’il préfèrera vous entendre raconter votre dernièr après-midi de shoping entre copines que d’aller taper un carton avec ses potes au bistrot…
L’amant idéal est gentil, attentionné, généreux et … riche ! Il sait vous offrir des cadeaux merveilleux comme s’il s’agissait de simples babioles. Il n’hésite devant rien pour le seul plaisir de voir vos yeux s’illuminer de bonheur… Il vous invite au restaurant, au théâtre, vous habille avec goût, pour vous rendre superbe…
L’amant idéal et bien monté, endurant, expert et … modeste ! Il sait vous faire prendre le chemin du septième ciel avec patience, faire vibrer le moindre muscle de votre peau avec doigté, faire embraser votre corps de la tête au pied avec douceur ou fougue et passion bestiale, sans la moindre vantardise, comme si tout cela était naturel…
L’amant idéal est discret, disponible et … amoureux ! Il arrive dès que vous le sollicitez, il vous montre son amour à la moindre occasion, mais sait être discret, ne pas vous étouffer de ses sollicitations quand vous ne le désirez pas. Il est admiratif devant votre sensibilité, votre beauté, il vous dit penser à vous sans arrêt, vous êtes sa lumière…
Seulement voilà, l’amant idéal est tellement parfait … qu’il est pris par votre meilleure copine, ou votre soeur, ou il est trop loin, ou vous ne lui plaisez pas !
L’amant idéal est tellement parfait qu’il en est fatiguant. Il vous rappelle sans cesse par sa seule perfection que vous ne lui arrivez pas à la cheville… plus il vous déclare son admiration plus vous ressentez votre faiblesse, ne voyez en lui qu’un vil flatteur hypocrite…
L’amant idéal est trop beau, pas le moindre défaut, son ventre est plat, ses cuisses sont fines, les vôtres vous font horreur…
L’amant idéal vous rappelle par sa seule présence, sa seule évocation que vous n’êtes pas l’amante idéale, que vous êtes juste vous-même…
L’amant idéal est une perpétuelle insulte à vous même, l’amant idéal vous énerve, vous détestez l’amant idéal !
L’amant idéal est un mythe, nous allons donc le tuer, après Dieu, Marx et Freud nous en seront ainsi à notre quatrième meurtre !
02 octobre 2009
N’épousez pas un homme fidèle…
A force de vous lire, mesdames, il me parait nécessaire de vous informer d’un certain nombre de choses sur la nature masculine, du moins sur la nature d’un certain nombre d’hommes…
Vous êtes nombreuses à vous interroger sur le besoin de prendre un amant… votre vie sexuelle part en vrille, vous ressentez des besoins physiques qui ne sont pas partagés par votre légitime, vous les retenez, mais vous êtes à bout!
La charmante Catherine Ringer des Rita Mitsouko chantait «ça me susurre à mes entournures… faut que je mouille!»
C’est certes trivial, mais ça a le mérite d’être clair…
Les besoins charnels sont bien réels, au même titre que boire et manger, nous n’avons pas tous les mêmes, mais il est des moments ou les satisfaire devient impérieux!
Si cette satisfaction ne passe pas/plus par votre cher et tendre, si l’usage d’un sex toy comme seul dérivatoire vous laisse quelque peut sur votre faim, la question de l’amant viendra immanquablement sur le tapis…
Incapable d’assumer seule une telle décision, l’envie d’en parler à votre légitime commencera à vous ronger… d’allusions en sous entendus, de suggestions en évocations, vous aimeriez bien en discuter, ou plus exactement vous aimeriez bien prendre un amant avec sa bénédiction!
Même pas en rêve! J’y reviendrai…
Dans d’autres cas de figures, par désespoir extrême ou besoin plus impérieux, par concours de circonstance aussi, des fois, vous franchirez le pas… Vous êtes une femme moderne, vous assumez votre quarantaine, et il est donc légitime que vous preniez un amant!
Oui mais voilà, vous avez beau prétendre vous assumer, vous n’êtes pas beaucoup plus maligne aujourd’hui qu’il y a cinq ans quand vous mourriez d’envie d’avoir un amant, et vous êtes toujours dans la même situation : vous souffrez de votre trahison!
D’aucun diront que je fais des chichi, que de nos jours il y a la liberté et l’égalité des sexes, qu’il est abusif de parler de trahison… ben non, il s’agit bien d’une trahison car vous la vivez et la ressentez comme telle! Et donc, bien qu’ayant un amant, vous ne vous assumez pas, et mourez d’envie de vous confier à votre légitime…
Même pas en rêve! J’y reviendrai…
Alors bien sur ces propos ne concernent pas les couples libertins, ceux pour lesquels le choix est commun, réfléchi, ceux pour lesquels la liberté sexuelle est revendiquée au même titre que le droit de vote (et même peut être un peu plus).
Ces propos concernent les couples dont le mâle ne considère pas que vivre sexuellement libre est un élément acceptable.
Maintenant me direz-vous, en quoi cela est il différent quand la situation est inversée, quand c’est l’homme qui rêve d’une maîtresse N’est ce donc pas pareil, ne sommes nous donc pas égaux?
Et bien non, ce n’est pas pareil, et ce n’est pas une question de machisme, c’est juste une question de ressenti…
Le mâle qui s’estime trompé va vivre cela comme une véritable crise identitaire, pire, une castration… on le trompe car il n’est pas à la hauteur, il n’est plus capable de satisfaire sa compagne… même si au fond des choses c’est bien là le problème, cette situation est difficilement acceptable pour la majorité des mâles… Ils parviendront à l’admettre si la maladie, la différence d’age… peuvent intervenir comme des excuses… Certains l’accepteront aussi si eux-mêmes se livrent à des escapades… à défaut d’être satisfaits de l’infidélité de leur compagne, celle-ci pourra passer au titre «d’un prêté pour un rendu…»
Dans la plupart des autres cas de figures, la douleur intérieure ressentie par le mâle sera extrême, même si elle est masquée, elle sera tôt ou tard destructrice!
Alors me direz vous en quoi l’infidélité est-elle différente pour l’homme? Et bien la femme ne ressentira pas la même chose, pour elle la trahison de son compagnon sera le plus souvent ressentie comme la peur d’être abandonnée, la peur d’être quittée… (peur bien injustifiée si l’on en juge par le nombre d’hommes mariés qui abandonnent femme et enfants…).
Bien sur tout ceci peut être qualifié de «clichés», bien sur tout ceci n’est que généralités, et il existe des centaines d’exceptions, mais croyez moi mesdames, n’avouez jamais à votre légitime que vous lui êtes infidèle si vous n’êtes pas sure qu’il vous rende la pareille!
Je ne dis pas que vous devrez lutter contre vos envies, je dis simplement que vous devrez accepter d’assumer seule vos actes, que vous devrez vous cacher, qu’il ne vous faudra pas attendre la bénédiction de votre légitime... Vous ne pourrez pas vous confier à lui, ce sera la croix à porter en échange de vos moments de plaisirs... Si vous l’aimez toujours, vous devrez nier jusqu'à l’évidence! Parfois cacher la vérité est plus difficile que vider son sac, parfois le mensonge est preuve d’amour, parfois l’hypocrisie est légitime, et ceux qui vous jugerons, qui vous jetterons la pierre, n’y voient bien souvent pas plus loin que le bout de leur nez!
Et au final, je vous le dis, mesdames, n’épousez pas un homme fidèle, cela simplifie considérablement les choses!
01 octobre 2009
Bon sens et non sens
Je suis en plein dans les sens, et non l’essence, et bon sang je me demande si, bon sens et non sens ne sont pas des sens, même si, le sens commun, leur donne un autre sens.
Car au fond, bon sens, et son antonyme non sens, font bien référence à un sens, que l’on qualifie de commun, qui n’est autre que le sixième sens ! En effet, faire preuve de bon sens est, sans doute, seulement la faculté de ressentir (et non sentir à nouveau) le sens des choses…
Et donc, faire preuve de bon sens, et de sens commun, devrait être tellement banal, qu’il convient de se demander si le sixième sens ne devrait pas être le premier des sens ?
Ne s’est on pas trompé de sens en comptant 1, 2, 3, 4, 5, 6 ème sens ?
Ne serait il pas décent de redonner à ce sens la place qu’il mérite ?
Et si l’intuition était bien le premier des sens, le deuxième sens ne devrait-il pas être le goût, plutôt que la vue ? Vous conviendrez avec moi que ce sont bien l’intuition et le goût, et non la vue, qui dirigent le nourrisson vers le sein de sa mère. Et si l’on poursuit en ce sens, c’est bien l’odorat, et non l’ouie, qui l’aide dans sa quête. Et si l’on pousse encore plus loin le sens de la contradiction, on constate que le toucher, sera bien le 4ème sens qui le confortera en ce sens. Ouie et vue ne seront donc que les 5ème et 6ème sens !
Ainsi, pas de doute, le décompte des sens est faux et archi faux, car il est fait, dans le mauvais sens !
Notre sixième sens est notre sens premier, et je vous assure que si vous avez tout suivi, sans avoir les sens en effervescence, il est grand temps pour vous de consulter !
Désolés pour mes non-lecteurs, mais, ce soir, mes lectrices vont avoir le sens de la migraine !
30 septembre 2009
Sens interdit
Quand on est un peu grande gueule, qu’on s’enflamme facilement, on fanfaronne des trucs, qu’après on est bien obligés de tenir…
Je vous faisais part dans mon billet précédent de la naissance du sens zéro, le sens interdit !
Entre temps l’actualité nous a rattrapé, le père popol en ski a remis sur la scène, a ses dépends, la pédophilie, un déséquilibré a étranglé une joggeuse « par pulsion » et la notion de sens interdits a pris un goût vaseux…
Néanmoins, en cet espace de liberté intemporel, je vais tenter de vous tracer la généalogie du petit sens interdit…
Sens interdit est né il y a bien longtemps, plusieurs millénaires, dans le cerveau dérangé d’un gardien du temple. Sens interdit est né de la frustration intime de cet être, qui, incapable d’assumer ses pulsions, les a rejetées à la face de ses semblables en leur criant : « mes bien chers frères, pas de boogie woogie avant votre prière du soir », ou de façon plus triviale « je peux plus bander quand je vois passer Paula, alors c’est mal de bander quand Paula passe devant vous ».
Ainsi est né l’idiome de l’interdit : « tout ce que je ne peux pas faire est mal ! »
Alors, bien sur, le petit sens interdit a grandi, grandi très vite… aux interdits sexuels se sont ajoutés des interdits culturels, aux interdits nécessaires se sont mélangés des interdits superflus...
Notre sainte mère l’église a très vite compris que le petit sens interdit devait être baptisé, car tout ce qui est interdit n’est pas impossible, et tout interdit possible deviendra bien vite source de profit...
L’idiome de l’interdit a été érigé en culte, devenant avec le curé et le gendarme le petit jésus et les deux orphelines de la société publique.
La notion de bien et de mal, sœur cadette adoptive du petit sens interdit, a elle aussi grandi, devenant bien vite une jeune personne fort désirable, que le petit sens interdit ne pouvait s’empêcher de reluquer par le trou de la serrure…
A des interdits légitimes, qui font les valeurs humaines, se sont mélangés des interdits politiques.
A la mort de Dieu on aurait pu penser que notre société se libèrerait de ses jougs… que nenni ! Nos philosophes et autres théoriciens de la pensée étaient passés par là ! Le petit sens interdit était déjà un homme, il avait apprivoisé la raison, et compris à quel point il est plus facile et reposant de fantasmer sur les mamelles du bien et du mal que d’oser s’en approcher pour les embrasser !
La crainte de la frustration a ainsi peu a peu conforté notre sens interdit, qui, prenant de l’assurance, a pu clamer haut et fort : « la liberté est l’opium du peuple ».
La liberté est devenue illusion, la morale, la raison, le bien penser ont eu sa peau !
Rajoutez à la sauce une accélération exponentielle du temps, un stress quotidien, une agression permanente de nos cinq sens, et vous obtiendrez le ragoût nécessaire à l’épanouissement du sens interdit. Si vous êtes gourmet saupoudrez tout cela de quelques bêtises du genre 7ème, 8ème, 9ème sens, et vous aurez largement de quoi saouler le plus sensuel des hommes !
Alors moi je vous le dit, le petit sens interdit que nous avons tendrement élevé, qui est devenu grand et fort, il est bien temps de lui rappeler qu’il n’est que le sens zéro, celui qui n’existe que parce qu’on le veut bien ! Écoutons nos cinq sens, fiions nous à la vie, sachons préférer la sueur fraîche d’une femme aux senteurs trafiquées d’un parfum de synthèse, sachons ouvrir nos yeux, écouter nos semblables, faire preuve de bon sens, et nous comprendrons vite qu’il est préférable de vivre en croyant à son sixième sens qu’en se laissant gouverner par ses sens interdits ! Osons l’impossible, libérons la part de lumière qui est en nous, ayons confiance en l’avenir, et pour reprendre une jolie formule qu’une demoiselle vient de me souffler : « ne perdons pas notre temps, créons le ! ».
19 septembre 2009
Sens dessus dessous
J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises le manque d’importance que nous accordons à nos sens… être sensuel, au sens premier du terme, est de nos jours une tare !
Et pourtant, nos sens, nos instincts, sont bien présents! Encrassés, certes, mais présents! En voici la liste…
La vue, qui me permet de te trouver belle... Ha, oui, la vue, vilaine vue, qu’il serait bon de condamner; car à tant te vouloir belle je t’ai idéalisée, androgynée, retouchée, retravaillée... j'ai modelé ton image pour en faire une « chose » qui n’est plus toi ! La vue, à n’en pas douter, est source de souffrances... Existe-t-il des aveugles anorexiques ?
L'ouïe, qui me permet d’entendre ton souffle, tes gémissements... mais aussi tes soupirs las, tes engueulades, les bruits de la rue, les pleurs des enfants, les plaintes des vieux… Alors, vous me direz, "Et la musique?" Et bien, oui, la musique, avec ton casque sur les oreilles, tes cheveux devant les yeux et ta casquette sur la tête, tu traverses ce monde tel un zombie, insensible aux autres, ayant volontairement bouché tes oreilles et limité ton champ de vision… Si nous tenions à notre ouie, ne serait il pas justice de la laisser libre?
Le toucher: caresser de mes doigts ta peau délicate… Le toucher est peut-être de nos cinq sens celui que nous maltraitons le moins. Peut-être simplement parce que c’est celui qui est le plus neutre, le plus «aveugle».
L'odorat, le parfum de ta peau chaude, ton odeur qui n’est qu’à toi… et bien cette odeur il est de bon ton de la faire disparaître! Lavons nous, que diable, lavons nous! Matin midi et soir, soyons propres! Parfumons nous aussi, masquons toutes nos odeurs suis-génériques, car la moindre odeur de transpiration est d’un vulgaire... Faisons des roses inodores, car leur odeur indispose par cette présence qu’elle nous impose… Désodoriser est le maître mot de notre société aseptisée ! Moi je vous le dis, le droit au déodorant devrait être inscrit en principe constitutionnel!
Le goût, la saveur sucrée-salée de ta peau… et bien non! Pas plus que l’odeur! Il n’est pas plus élégant de lécher une demoiselle dans la rue que de lui sentir les fesses! Tous les goûts sont uniformisés, le pays des vins et des fromages évolue vers la standardisation, la normalisation… Qu’il est plaisant de pouvoir systématiquement reproduire ce délicieux goût de poulet industriel! Comme il est grossier de vouloir mordre dans cette pêche mure cueillie sur l’arbre; de laisser dégouliner ce jus le long de nos babines, et de vouloir mordre tes lèvres sous le soleil de l’été…
A n’en pas douter, de nos cinq sens, le toucher reste le seul fréquentable! Mais n’en restons pas là, continuons notre énumération sensuelle…
Le sixième sens, et oui, faute d’utiliser nos cinq sens nous avons éprouvé le besoin d’en inventer un sixième! Le sixième sens, que je préfère appeler «intuition» est à la fois admiré et combattu! Ô combien il serait plaisant de pouvoir prédire l’avenir, deviner les pensées de l’autre, y voir clair dans tous les mystères de la vie qui nous entourent… Balivernes! Aujourd’hui quelqu’un qui se fie à son intuition est au mieux qualifié de déraisonnable, au pire de fou! Je ne m’étendrai pas sur le sujet, ayant eu l’occasion de vous donner mon opinion en la matière, mais qu’il est amusant de voir à quel point ce sixième sens reflète à lui seul tout le paradoxe de l’homme: besoin de le baptiser pour ne pas surtout pas l’utiliser!
Mais n’en restons pas là! Dans la quête de l’originalité, d’aucun ont inventé le septième sens qui diffère, si j’ai bien compris, du sixième par… un "1" de plus! Le septième sens correspondrait à nos capacité de perceptions extrasensorielles… il est question de champs morphiques et de chants des sirènes, mais pas de fleurs des champs ni de chant d’oiseau! Bref une foutaise de plus qui donne un air supérieur dans les dîners mondains; assurément il est préférable de dire «Madame la Baronne, ne pensez-vous pas que notre intime interconnexion avec le monde extérieur est, comme le suggère Sheldrake, le fruit combiné de notre expérimentation pragmatique du monde et de l’exploration de notre nature profonde» que de dire «Madame la Baronne, je sens d’ici le doux fumet de votre sexe que je léchouillerai volontiers de 5 à 7 ce jeudi», même si tout le monde aura bien compris que cela signifie la même chose!
Et comme sept n’est pas suffisant, le chat a déjà sept vies, le huitième sens fait son entrée!
Tatatan
Le huitième sens, pour faire simple, serait notre capacité à modifier notre sub-conscient! Rien que ça! Non content de ne pas être foutu de deviner que cette blonde aux yeux bleus, maquillée comme une voiture volée, qui remonte sa minijupe jusqu’au nombril et qui te regarde avec des pupilles large comme un 33 tours (ben oui, ce blog est un blog de vieux) a envie de toi, voilà t’y pas que tu veux modifier ton sub-conscient… Pauvre con! Enfin, si la Baronne a résisté à Sheldrake, tu lui assènes un: «Ne pensez vous pas, chère baronne, que Arayashiki, la conscience du réceptacle en sanscrit, ou plus couramment le 8ème sens, est la preuve que Kurumada s'inspire du Bouddhisme pour son univers, et que maîtriser son réceptacle revient donc à maîtriser son karma et son destin?» et là je peux te garantir que son réceptacle sera aussi humide que les chutes du Niagara à la saison des pluies! En dehors de cela, je te conseille quand même de préférer un jambon beurre à un saucisson à l’ail, tu auras meilleure haleine…
Huit sens, qui dit mieux ?
A ma droite? A ma gauche? La demoiselle au fond? Personne?
Et bien si, il y en a un (Mayer) qui a osé le neuvième sens! Ce neuvième sens correspondrait au genre, à la capacité de se sentir homme ou femme, quoi! On retombe un peut sur terre, mais comme vous ne pas manquerez pas de vous souvenir que je vous confessais récemment que j’étais une fille avec des couilles … vous comprendrez donc que ce n’est pas moi qui vais vous en dire plus sur ce neuvième sens!
Et les conneries ne s’arrêtent probablement pas là, la masturbation neuronale à ceci de supérieur à la masturbation physique: elle ne connaît pas de limite!
Alors comme si cela ne suffisait pas, à tous ces sens, et bien moi, j’ai envie de vous en rajouter un!
Pas le dixième, pas le onzième, ni même le douzième... le sens zéro! Le sens interdit, celui dont on ne doit pas prononcer le nom! Et comme ce sens là m’inspire, je vous le développerai dans un prochain billet, me bornant à conclure en ces termes:
"Il est des mots qu'on peut penser, à ne pas dire en société.
Moi je me fous de la société, et de sa prétendue moralité
Et ce soir c’est pour ça que moi je veux faire l’amour avec toi…"
09 septembre 2009
Les saisons du bisous (il est des mots que l’on se doit d’écrire au pluriel)
Il y a le bisous printanier, le petit pointu, celui qu’on donne en tremblant à sa première fiancée… Ce bisous est aussi le bisous des rencontres, le premier échangé, celui qu’on fait avec un brin d’arrière pensée, une invitation à ce qui pourrait être …
Le bisous printanier est gentil, le bisous printanier est timide, amitié… Il est le reflet de la pureté, le coté clair qui est en nous…
Le bisous printanier ouvre les esprits, c’est une ouverture au bonheur, une ouverture aux autres, à être attentif à ce(ux) qui nous entoure(nt)…
Le bisous printanier est l’éveil des sens.
Le bisous printanier est matinal, il ouvre la journée sur un rayon de soleil… Le bisous printanier est apéritif, il ouvre la fête des papilles et des plaisirs qui pourraient être… Le bisous printanier est nocturne, il suggère la douceur de la nuit, le rapprochement des cœurs, des corps et des âmes (ordre non alphabétique).
Le bisous printanier est le premier, le bisous de l’esprit, c’est le plus pur, le plus blanc, le plus beau des bisouss…
Il y a le bisous estival, le bisous appuyé, celui qu’on sait que l’on peut faire, celui qui est attendu, celui qui est préliminaire, aussi…
Le bisous estival est chaud, il est sensuel, il évoque la confiance, mais aussi le désir… c’est le bisous que l’on se donne avant, pendant et après… c’est le bisous que l’on aime recevoir, le bisous que l’on aime donner. C’est le bisous promesse, le bisous récompense, c’est le bisous passion.
Le bisous estival se donne avec les lèvres, la langue, et le corps.
Il se donne au réveil, après le bisous printanier, comme une invitation à prolonger la nuit. Il se donne à midi, après la chaleur du café, comme une invitation à la sieste. Il se donne le soir, sous la douche, comme une invitation à la nuit…
Le bisous estival est le bisous de la passion, le bisous du corps, de la fougue, le plus vif, le plus intense, le plus beau des bisouss.
Il y a le bisous automnal, au comble de la passion, au summum de l’extase.
Il n'a plus la fraîcheur printanière de la découverte, l'ardeur de l'été est un peu passée, mais il reste tonique, fort, sensuel... c'est le bisous de l'Amour...
Le bisous automnal est le baiser que se donne deux amants qui se connaissent bien, à la fois une invitation à la débauche des corps et un remerciement à l'extase vécue...
Le bisous automnal se donne le matin, après le second réveil, il se donne à la sieste, à tout instant, il se donne le soir, après… et avant de sombrer dans un doux sommeil...
Le bisous automnal est le bisous du corps et du coeur, c’est le plus profond, le plus beau des bisouss.
Il y a le bisous hivernal, quand le froid nous entoure, qu’il nous gèle le corps, mais pas le cœur ni l’esprit.
Le bisous hivernal n’a plus l’ardeur du bisous automnal, c’est le bisous du temps passé, le bisous des souvenirs heureux, le bisous de la mémoire…
Le bisous hivernal est le petit bisous que se donnent deux vieux sur un banc, c’est le bisous tendresse, c’est celui qui nous reste quand plus rien n’est possible, celui en qui l’on croit, celui qui nous donne la force de continuer.
Le bisous hivernal se donne le matin, après le café, pour inviter la journée à être gaie. Le bisous hivernal se donne à midi, avant le repas, pour remercier l’être aimé de sa présence. Le bisous hivernal se donne l’après-midi, en promenade, pour donner envie aux passants… Le bisous hivernal se donne le soir, comme une promesse, comme un bonsoir, comme une invitation à passer une bonne nuit.
Le bisous hivernal est le bisous du cœur et de la mémoire, c’est le plus abouti, le plus rare peut-être, le plus beau des bisouss.
08 septembre 2009
Dieu est mort ... Freud aussi!
Chère amie,
Entre vous et moi, il faut bien que j’avoue, il y aura toujours quelqu’un, qui se glisse entre nous...
Ce n’est pas que je n’apprécierai pas, d’être seul, en tête à tête avec vous, mais voilà, cela ne se peut pas!
N’y voyez pas supercherie, ou même fantaisie, car c’est avec dépit, que j’avoue tout cela…
Alors me direz-vous, quel est donc ce facheux, qui entre nous se glisse, détruisant tous nos voeux?
Et bien cela dépend…
Quand je vous parle, que je vous charme, mon ça est toujours là, vil crasseux et chassieux. Il ne peut s’empêcher de lorgner vos nichons, renifler votre con, quand mon moi se débat, dans des rimes faciles, pour voir battre vos cils…
Ce ça que JE déteste, est toujours là présent, noircissant mes pensées, d’orgasmes dégoûtants, ce ça ainsi m’habite, réduisant mon cerveau, à une simple bite!
Point de belle amitié, de beaux débats d’idées, ne peut s’envisager, sans arrière pensée. Mon ça est toujours là, ainsi je vous l’avoue, et c’est soit lui soit moi, qui vous bise la joue…
Alors résignez-vous, point d’amour entre nous, sans que mon ça ne soit, à l’affût, aux aboies…
Ainsi notre soirée, de vous à moi à lui, est en partie gâchée, par mon ça qui me nuit!
Si par bonheur quand même, mon ça me laisse un peut, un instant de répit, dans ce début de nuit, alors oui il se peut, que mon JE vous séduise, et que finalement, à mon lit vous conduise…
Quand enfin JE vous ai, toute a moi dénudée, confiante abandonnée… mon ça s’en est allé!
Alors me direz vous, pendu à votre cou, il n’y a rien entre nous, JE suis enfin à vous?
Mais hélas mon amie, si mon ça est ainsi, il n’est pas seul au monde, à me gâcher la vie!
Quand mon ça est parti, mon moi n’est point tout seul, mon sur-moi apparaît, du JE portant le deuil!
Votre corps frémissant, langoureux languissant, n’est point objet de jeu, mon surmoi tue mon JE ! Mélange confus de spiritualité facile et de désirs abscons, mon sur-moi nous agace, à venir prendre place. N’est-il donc point possible, que ce vil mégalo, arrête d’être sot, quand JE se jette à l’eau?
Quand mon ego s’abaisse, c’est mon sur-moi qui blesse, ainsi nous ne pourrons, vivre totale union ou complète fusion, entendons donc raison!
Entre vous et moi, il y a toujours quelqu’un, mon ça ou mon sur-moi, mon JE est bien défunt!
De ce triptyque idiot, mon JE est le pied bot, mon ça et mon sur moi, festoient et sont les rois.
Alors moi JE vous dis, à l’aurore à midi, je convoque presto, ces deux crétins pas beaux, et mon ça mon sur-moi, se tueront illico, car c’est la seule voie, pour ne pas vivre idiot.
Questionnaire...
Voici un questionnaire que m'a transmis Sextuelle, je m'acquitte donc, même si je n'ai pas été vraiment convaincu ...
1 - Plutôt corné ou marque page?
Marque page, je n'aime pas abîmer...
2 - As-tu déjà reçu un livre en cadeau?
Oui, qu'elle question!
3– Lis-tu dans ton bain?
Non, je n'aime pas abîmer ... et quand je prends un bain c'est que je suis dans un état de fatigue tel que toute lecture m'est impossible. (suis plutôt douche)
4 – As-tu déjà pensé à écrire un livre?
Oui, j'avais commencé il y a longtemps, puis j'ai arrêté ayant d'autres préoccupations... et aujourd'hui que je pourrai reprendre j'ai perdu le document...
5 – Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?
Rien de spécial, si c'est bon, tant mieux que ce soit plus long... non?
6 – As-tu un livre culte?
Oui, "Le désert des tartares". J'en ai parlé sur un post d'ailleurs...
7 – Rencontrer ou non l’auteur du livre?
Je n'y vois pas d'intérêt, et même, je ne suis pas sur que ça n'enlève pas au charme
8 – Aimes-tu parler de tes lectures?
Bien sûr mais c'est rare. La raison est toute bête... Entre les gens qui n'aiment pas lire, ceux qui n'ont pas le temps et ceux qui ont des goûts littéraires différents, ça restreint pas mal les occasions...
9 – Comment choisis-tu tes livres?
Intérêt, le hasard, discussions ... pas de moyen unique
10 – Aimes-tu relire?
En général non, j'aime rester sur un souvenir, une idée, une impression... et non "apprendre par coeur"
11 – Une lecture inavouable?
Non
12 – Des endroits préférés pour lire?
Non, au calme
13 – Un livre idéal serait pour toi?
Un livre qui laisse une impression, un livre pour lequel il y a un "avant" et un "après"
14- Lire et manger?
Non
15 – Lecture en silence, en musique, peu importe?
En silence...
16 – Le livre te tombe des mains, tu vas quand même jusqu’au bout?
Non, j'aime être à ce que je fais, si ça me gave j'arrête
17 – As-tu un livre culte?
Déjà vu, cf question 6
18 – L’auteur que tu regrettes de ne pas avoir lu?
Ben si je le connaissais je le lirai ...
19 – Ton livre de chevet tout de suite?
Stephen King, Simetière, c'est très gai ...
Voila, je ne trouve pas ce questionnaire transcendantal, aussi je ne choisirai personne... sauf peut-être "La courgette farcie", si elle veut nous faire rire avec... :)
