Cacophonies élémentaires

14 mai 2012

Identité

Je ne suis pas d’ici. Pas un étranger, pas un immigré, pas un expatrié, car je ne suis pas de là-bas non plus. Pas un Marsien, pas un extra-terrestre, car je ne suis bien un terrien.
Je ne suis simplement pas d’ici, pas de ce monde, pas de ses croyances, pas de ce temps. Je ne sais pas si je suis d’un autre temps, peut-être, mais cet ancien temps ne m’étant pas connu, je n’en ai pas la nostalgie...
Je ne suis pas d’ici car je ne vous comprends pas, car sans être différent de vous, je ne raisonne pas comme vous, car si les ressorts sont les mêmes la force résultante est différente.
Je ne prétends pas être meilleur, ni plus mauvais, j’ai simplement cet étrange sentiment de n’être pas à ma place ici. Je ne prétends pas n’avoir aucun rôle, je n’ai même pas la prétention d’être inutile, j’ai juste l’impression de ne pas être des vôtres.
Je n’ai pas l’excuse de ne pas comprendre, je n’ai pas l’excuse de l’inconscience ou de l'ignorance, je ne crois même pas avoir l’arrogance de la vanité, je n’ai simplement pas la force d’être autrement.
Alors, n’étant pas d’ici, je me dis que je n’ai pas d’identité propre, car l’identité n’est pas le fait d’être, mais le fait d’être un parmi les autres, et je ne suis pas des vôtres. Je ne suis pas un sans papier, je ne suis pas sans reconnaissance, je ne suis simplement pas reconnu/compris/aimé pour ce que je suis, alors même si je vis avec vous, je ne suis pas des vôtres. Je suis un anonyme, je suis dans cette foule sans en faire partie, je suis ce pion que le destin chahute, je suis un homme.

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26 février 2012

Moi, moi et moi

A la recherche de la connaissance du soi… ou qu’elle place donner à l’inconscient, que je préfère qualifier de « ça », plus caricatural, une façon de personnaliser la bête et par là de l’apprivoiser ?
Sur le chemin de la connaissance du soi, disais-je, on croise donc le « ça », et, comme pour toute rencontre, il me semble que plus que la rencontre en elle-même, c’est l’importance que l’on désire lui accorder qui compte !
Entre négation obstinée de son existence et désir de vouloir en faire le Maestro de tous ses actes, il y a, il me semble, un juste milieu : « ça » je ne nie pas ton existence, je dis simplement qu’il est trop facile de te rendre responsable de tous mes ratés, et je dois bien te le dire, tu n’es pas celui qui gouverne ma vie à mon insu ; j’en suis désolé pour toi ! Tu n’es qu’un vestige qui réapparait par moment, parfois violement, certes, mais tu n’es qu’un fantôme du passé, fantôme de mon existence passée, fantôme du cerveau primitif de l’être humain, je suis bon prince, je te laisse le choix, et même la possibilité de choisir d’être les deux à la fois…
« ça », il me plait de te comparer à « Dieu ». Pas plus que lui tu n’as de sens, pas plus que lui tu n’as d’existence propre. Tu n’existes pas dans l’absolu, tu n’existes que par la place que « je » désire t’accorder. La force de « Dieu » ne réside pas dans son existence mais dans la foi que lui portent les hommes ! Ce n’est pas « Dieu » qui a fait les croisades, ce sont les hommes qui les ont faites… en son nom ; comme si massacrer son prochain par simple appât du gain et d’un certain désir de domination faisait honte !
« ça », tu ne me fais pas honte, la place que je t’accorde à mes cotés est bien réelle, mais tu es à mes cotés, tu es mon compagnon, mon nécessaire compagnon, mais pas « moi », pas ma conscience, pas celui qui gouverne ma vie ! « ça », je t’ai évoqué à maintes reprises, dans le désir sexuel notamment, tu es particulièrement nécessaire, tu es celui qui permet de plonger dans d’obscurs fantasmes sans honte, celui qui quelque part excuse, celui qui permet la jouissance... « ça », tu es un élément du « lâcher prise », mais tu n’es pas le « lâcher prise », et ce n’est pas en faisant de toi « le guide » que j’accèderai à « l’illumination ». Je ne jouerai pas le Bernanos qui s’auto-flagelle pour purifier son corps de ses pêchers, « ça », je ne te donnerai pas la place que tu n’as pas !
Et que l’on ne me dise pas que mon obstination à refuser d’accepter que tu diriges ma vie, ou même seulement mes actes manqués, est la preuve de ton importance, car je ne nie pas ton importance, je dis juste que l’obstination humaine ne crée pas la chose, mais la croyance que l’on a en cette chose… Ce n’est pas le fait de refuser de croire que la terre est ronde qui a empêché la terre d’être ronde, et ce n’est pas non plus d’affirmer que la terre est plate qui lui a permis de le devenir. « ça », tu n’as au fond que l’importance que je veux bien t’accorder, ton existence dépend de « moi », et non l’inverse : que je meure et tu disparaîtras !
Et mon discours n’est pas une vibrante plaidoirie à l’apologie de la maîtrise et du contrôle, mon discours est même tout le contraire ! Ce n’est pas en instaurant une séparation schizophrénique entre « ça » et « moi », que ce soit pour nier l’existence de « ça » ou pour lui reconnaître une liberté propre, que l’on parvient, à mon sens, à s’accepter et se comprendre ! Mon discours vise simplement à remettre « ça » à sa juste place, comme un élément constitutif de « moi ». Mon « ça » ne décide pas, mon « ça » impulse, mon « ça » est l’explosion qui permet au moteur de faire avancer la voiture, mon « ça » n’est ni la voiture, ni même le moteur et encore moins le trajet ! Je refuse que l’on donne plus de place à mon « ça », et je le refuse car je crois que c’est une erreur ! On ne mesure pas la grandeur de l’homme à son opiniâtreté à traquer la bête, on la mesure à sa capacité à pardonner à la bête tout le mal qu’elle a pu lui faire, car, au fond, la bête n’est pas responsable du fait que l’homme n’a pas été capable de se garder d’elle…
Je ne sais pas quel est le chemin, mais je crois fermement que c’est se fourvoyer que de penser que c’est « ça » qui nous guide ; ce n’est en tout cas pas la voie que je désire emprunter ! J’évoquais à plusieurs reprises le sentiment, peut-être un brin orgueilleux, de progresser, d’être différent chaque jour, peu a peu plus accompli. Ce sentiment, qui procède du temps, me semble nécessaire à l’acceptation de l’âge, et plus encore, à la jouissance de la vie. Ce sentiment passe par la compréhension, l’intégration, l’appropriation, l’acceptation de ses actes, de ses choix, qu’ils soient manqués ou non, bons ou mauvais. Cette démarche replace l’être au centre de sa vie présente, entre passé qui est bien passé, et avenir qui n’est pas certain. Placer un putatif conflit entre « ça » et « sur-moi » au centre de sa vie n’est pas, il me semble, un bon moyen de progresser, mais plutôt un bon moyen de s’embourber dans le doute et l’angoisse, une forme de lâcheté qui conduit à refuser d’assumer ses contradictions en en rendant un autre, « ça », responsable... et à ce rythme là, ça peut durer longtemps !
C’est dans la grandeur de l’art, dans l’importance des choses inutiles, le soucis du détail, la beauté de l’image, la perfection de l’objet, la noblesse de la quête, des sentiments, la dérision, la contradiction, la sensualité… que se trouve, il me semble, le salut. Plonger dans ses pulsions pour interpréter ses actes n’est simplement pas mon chemin, et, je ne crois pas avoir de doute, pour une fois !
Moi, moi, émoi

Et pour celles (et ceux ?) qui ont un peu de temps, je vous invite à visionner ce reportage sur Edward Bernays, un neveu de Freud, charmante personne, c’est de famille...
http://www.risc.tv/media/edward-bernays-pere-propagande-manipulation-masse
Vous y verrez comment il est possible d’exploiter les pulsions de l’homme en tant que « masse laborieuse » à des fins de propagande commerciale ou politique ; on en sort... grandi !

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22 février 2012

Métaphore relationnelle

Au commencement était le cheval. Il galopait libre dans les plaines du monde, puis Dieu créa l’homme qui voulu domestiquer le cheval.
La relation de l’homme à l’animal passe par une phase d’observation réciproque, suivie d’une phase d’approche, de compréhension et d’échange, avant qu’une certaine confiance et complicité ne s’instaurent. Le cavalier et sa monture ne font alors plus qu’un ; véritable centaure dans lequel chacun garde son identité et tous deux se complètent pour créer un être nouveau dont les capacités sont décuplées ! Métaphore du couple idéal ?
Au cours de ses pérégrinations dans les plaines du monde, l’homme put aussi croiser l’âne. Etonné par l’endurance de la bête il se dit qu’il pourrait bien aussi le domestiquer. Fort de son expérience, l’homme tenta différentes manœuvres d’approche auprès de cet animal étrange, visiblement plus malin que le cheval, mais aussi plus borné. L’homme pensait obtenir beaucoup de l’âne, hélas il n’y parvenait pas, aucune complicité ne semblait possible, le seul moyen de le faire avancer étant « la carotte et le bâton » ! Pas de désir commun de se dépasser, pas de plaisir, pas de confiance, pas de complicité, juste une observation dubitative mêlée de perplexité et de méfiance réciproques, entrecoupée de temps de conflits ! Métaphore de la contractualisation domestique ?
Le cheval se mange, sous la forme de steak, l’âne se mange, passé à la moulinette, en saucisson !
L’homme est cavalier, mais la femme, est elle jument ou ânesse ?

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03 février 2012

Travailler son jardin

A l’époque où le travail n’est plus une valeur, civilisation du loisir, voire du plaisir, porter pour titre « Travailler son jardin » peu paraître quelque peu anachronique...
Point n’est question ici de vanter les mérites de l’exercice physique, ni de la position accroupie, du binage, ou de je ne sais quoi d’autre qui pourrait tout à la fois paraître agricole et tendancieux, c’est de désir et d’amour dont je veux parler !
Mêler désir et amour est en effet tellement évident qu’il me vient l’envie de m’y attarder... et ce de manière chronologique !
La relation que l’on peut entretenir à l’autre passe par différents paliers, étapes, dont le franchissement est décisif.
On pourrait croire qu’en premier vient la rencontre, l’instant magique, mais en premier il y a surtout l’avant. L’avant c’est le travail du sol, le labour plus ou moins en profondeur des sentiments et du manque, l’état pré-décisif qui permettra à la graine de germer. Si le sol est trop dur l’amour ne poussera pas. Une friche s’installera, plus ou moins colonisée par des buissons de sexe et des ornières orgiaques, mais le « bel amour » ne verra point le jour ! Il en va de même si le sol est trop tendre, trop mou : l’amour pourrira ! Trop vite éclos, très vite étouffé, l’amour, le bel amour, ne prendra pas racine !
C’est donc en sol ferme mais tendre, correctement drainé mais point asséché, que le ferment de l’amour peut germer. Un état d’esprit favorable, où le passé est dépassé, où le futur est incertain, où le présent a toute sa place.
Sur ce terrain propice l’amour va éclore, naturellement accompagné du désir. Tous deux font corps et poussent ensembles, se mêlent et se démêlent, s’enchevêtrent comme deux amants qui ne se séparent que pour mieux se retrouver... Période de croissance, moment de plénitude, instants toujours trop courts.
L’amour a grandi et le désir aussi ; ils ont fini par s’éloigner, l’un a poussé à gauche, l’autre à droite, l’un a colonisé le sol, l’autre a pris de l’altitude... ces deux lianes jadis unies l’une à l’autre sont à présent si distantes que l’une manque à l’autre, que l’autre manque à l’une, et que l’étiolement réciproque débute, progresse, se développe, et finit par ravager le bel amour et le puissant désir.
Le temps est sans pitié pour qui le laisse passer sans conscience. Le temps est éternel, le temps est dévastateur, le temps est éphémère
Mais ce n’est point le temps qui est en cause, mais bien le travailleur. Idiot que tu es de croire que les choses poussent, grandissent, et se font toujours plus belles, plus fortes, plus solides, comme ça, sans travail, par simple enchantement ! Le jardin d’Eden n’est qu’un conte de fées ; la nature laissée à elle-même n’est que friche et pagaille, désordre et pourriture...
L’amour se cultive, l’amour s’entretien, on le sait bien, et il en va de même du désir !
Imaginer que le mystère de l’inconnu, l’attrait pour la moitié qui nous a été arrachée, perdurera au-delà des ans est utopique : « tu connais tous mes sortilèges, je sais tous tes envoûtements ». Et il faut du talent, du courage aussi, pour entretenir le désir quand l’habitude s’est installée et que la contrariété grandit chaque jour de plus belle...
Il faut du talent, du savoir aussi, de la folie sans doute.
Il faut être capable de plonger dans son « ça », d’en faire remonter ses crades pulsions, d’en extraire son suc vicieux, de pétrir ses fantasmes, de les faire suer, de les malaxer encore et encore, pour que peu à peu ils submergent le « moi » et se répandent en une vague orgasmique sur notre « surmoi ». Il faut ravaler ses chagrins, étouffer ses rancoeurs, gratter la crasse relationnelle pour faire parler l’instinct animal. Il faut travailler son désir comme l’on travaille son amour, avec opiniâtreté, force, et talent...
Et si l’on ne veut pas, si l’on ne peut pas ?
Et bien on passe à autre chose, et d’autres choses en autres choses la vie se vide... Il n’est pas interdit de mourir en jeune con, mais quand on est vieux, c’est quand même un peu dommage !

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26 janvier 2012

Donner de la voix

Cri de l’enfant qui appelle sa mère, cri de l’adulte qui veut être obéit, cri de l’oisillon que l’on nourri, manifestation bruyante de l’existence, besoin de montrer que l’on est là, et que l’on veut être écouté/obéi/entendu... ou simplement aimé.
Monde stressant dans lequel nous vivons, besoin d’asseoir une certaine autorité envers ses collaborateurs, fournisseurs, enfants... manifestation plus ou moins rationnelle d’un besoin de pouvoir, sont autant de facteurs qui rajoutent une couche de brutalité à notre comportement relationnel aux autres !
Je crie, pour me faire obéir car tu ne le fais pas/je hurle dans la nuit la détresse que ce mode relationnelle m’inflige, et par la sorte, t’impose cette même détresse relationnelle, comme une mise en abîme vocale...
Chuchoteur, toi qui parle aux chevaux, serais tu le seul à même de réellement communiquer ? Comme il est évident de voir que le dresseur, quelque soit l’espèce, n’obtient rien par le cri, l’emportement... Comme il est évident de comprendre que la meute qui donne de la voix procède ainsi pour stresser sa proie, manifester sa puissance, hurler sa joie à l’idée de l’hallali qui est proche...
S’abandonner aux cris, est une première forme de brutalité, mais aussi la manifestation d’une incapacité relationnelle : je crie simplement car je ne sais pas faire autre chose...

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04 janvier 2012

Femme qui nous effraie

Je ne parle pas ici des femmes particulièrement effrayantes, working girl dominatrices ou je ne sais quoi d’extraordinaire, mais du coté effrayant de la femme ordinaire... Et oui chères lectrices, vous êtes effrayantes, pour les pauvres diables que nous sommes, nous les hoooommmmeeeees.
« Effrayantes, mais pourquoi donc, mais comment donc ? »
Effrayantes par de multiples aspects, déjà sans doute par votre coté « différent », et donc incompréhensible ; assez classique dans les relations humaines, communément source de xénophobie mais aussi de sexisme : ce que je ne comprends/connais pas m’effraye !
Effrayantes, car symboles d’un désir de puissance/réussite... Qu’il s’agisse d’une forme d’atavisme, à travers la conquête de la femelle avec qui l’on va se reproduire, ou d’une forme plus complexe de recherche de la moitié qui nous a été arrachée, le principe est le même : l’homme est dans la quête de la femme ! Et chercher à conquérir quelque chose dont on ne comprend pas les règles de fonctionnement, ne met pas dans une position très confortable !
Effrayantes par le défi que vous représentez, que ce soit au moment du passage à l’acte la toute première fois, ou par la difficulté qu’il y a de continuer à vous plaire, à vous séduire sur le long terme...
Effrayantes par le mal que vous pouvez faire, plus ou moins consciemment, parfois avec naïveté, parfois au nom du sacro-saint principe « je ne suis pas hypocrite », mais toujours blessantes pour les personnes fragilisées qui vous aiment !
Effrayantes par votre capacité à changer d’avis, à tout remettre en question, brutalement, sans raison apparente autre qu’un coup de vent d’autan...
Effrayantes par votre instabilité affective qui vous pousse, au nom de l’amour, à être très « connes », ce qui nous permet parfois d’en profiter, il faut bien l’avouer, mais nous conduit aussi, dans d’autres circonstances, à en subir les conséquences !
Effrayantes pour milles raisons qui font que certains hommes se défient des femmes dès leur plus jeune age, alors que d’autres refusent toute forme d’engagement, ou d’autres encore se positionnent en séducteurs impénitents, consommateurs de sexe...
Mais effrayantes ne signifie pas dénuées de charme, de mystère, d’intérêt... fascination de l’inconnu...effrayantes conduit simplement à une certaine forme de désaveux qui permet de dire : la femme n’est pas l’avenir de l’homme !
Pas l’avenir de l’homme car la quête de la sagesse, d’une certaine forme de vérité ou d’apaisement, du bonheur, peu importe le terme consacré, est sans doute la chose la plus universelle. Or le bonheur, la paix intérieure, ne peuvent s’accommoder de l’épée de Damoclès que votre congénitale attitude fait peser sur nos avenirs ! L’homme amoureux est condamné à être malheureux, tant son amour est intense mais fragile, tant cette intensité le positionne dans une situation de dépendance. L’homme amoureux est faible, et il souffre de cette faiblesse, plus ou moins consciemment, à plus ou moins longue échéance.
La femme n’est pas l’avenir de l’homme car elle ne lui est pas nécessaire ! Le sexe se consomme comme l’alcool ou le rôti, la vie en groupe est un substitut à la vie en couple, que ce soit à travers des expériences tribales ou les corps constitués.
Femme qui nous effraie, trop de différences ont tué l’amour que tu nous inspirais...

Voici ce que l’on pourrait écrire (ce texte peut très bien se conjuguer au masculin) de la relation homme/femme quand le rapport que l’on a à l’autre est fondé sur la dépendance ou le rapport de force... Ce n’est pas, il me semble, la relation homme/femme qui est en cause, mais ce que l’on y met. Si l’on y met de l’attente, la recherche de gratitude, de récompense, cette relation me semble vouée à l’échec ; et il en va sans doute de même de toute relation humaine, qu’elle soit hiérarchique, amicale ou filiale. Ne pas vivre dans l’attente de la réaction de l’autre, se libérer du fardeau de la reconnaissance ou de la possession, être librement créatif, voilà le vœux que je formule pour toutes et tous pour cette année à venir...

Posté par philachev à 10:02 - - Commentaires [9] - Rétroliens [0]
28 décembre 2011

Du bonheur d'être plâtrier

Je te malaxe, je te triture,
Et sous mes doigts, tu prends tournure.
Te voilà prête, pâte à enduire,
Tu es si douce, pâte à reluire.

Je t’aplati moi l’ouvrier,
Tu te soumets sans plus lutter !
Et je t’écrase et te pétri,
Docilement tu m’obéis.

Mais voici donc qu’à fair’ besogne,
Tu te raidies, quand je te cogne !
Tu ne veux plus, je le sens bien,
Tu es à bout, tu n’y peux rien !

Qu’à cela ne tienne, j’ai une astuce,
Un peu d’eau chaude et tu me suces !
Te revoilà souple et conquise,
Entre mes doigts tu es soumise.

Quelques instants je peux encore,
Jouir de toi, besogner fort.
Tu es plus sèche, je le sens bien,
Ca va finir, il le faut bien !

Et vient l’instant tant redouté,
Tu n’en peux plus, plus rien n’y fait !
Aucune astuce, aucun effort,
Ne te rendra cette souplesse,
Qui fait de toi sacrée diablesse,
La pâte dont on bâtit les forts.

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L'attente

L’attente c’est la situation qui consiste à se poser en attente d’un évènement (oui, je sais, c’est profond). Etre par trop en l’attente d’un évènement, quel qu’en soit la nature, conduit à :
- ne pas vivre dans le présent mais à se projeter dans le futur (et donc se priver de tous les petits bonheurs qui parsèment la vie),
- être en position de dépendance vis-à-vis de ce fameux évènement, dont on ne maîtrise pas par ailleurs le plus souvent la survenue (et donc passer de la position d’acteur de sa vie à la position de celui qui la subit, et ce même si l’évènement attendu est heureux).
Ainsi, l’attente me semble être un fléau redoutable, que ce soit en termes d’épanouissement personnel (incapacité à réussir ce que l’on entreprend car on est obnubilé par l’évènement à venir), ou en termes de vie à deux (incapacité à aimer l’autre car on espère de lui un signe qui nous permettra de nous engager, signe qui ne viendra probablement jamais tant l’autre peut vivre dans une situation similaire, tout aussi bloquée ! Mondes parallèles quand tu nous tiens !).
Bien sur tout ceci n’a rien d’extraordinaire, mais si chacun se projette dans ses doutes, dans ses angoisses, dans ses actes manqués, combien de fois prendra t’il conscience du fait que son incapacité à réussir/être provient de cette putain d’attente ? Nous savons tous que vivre dans le présent est le seul moyen de profiter de la vie, l’attente nous en empêche !
J’ai évoqué à plusieurs reprises les méfaits du désir, l’insatisfaction qu’il procure, sa réalisation conduisant à la frustration, le plaisir attendu n’étant pas à la hauteur de l’espérance, et bien l’attente me semble encore pire ! Bien pire, car plus sournoise, plus insidieuse... Il n’est pas difficile de prendre conscience que le désir est source de frustration ; l’objet du désir, de ses désirs, est très souvent concret, qu’il s’agisse du dernier I-phone ou de la voisine d’en face... L’attente est plus perfide car elle n’a pas d’objet pré-déterminé, c’est une situation, un état d’esprit, qui se transforme bien vite en un état de fait dont on devient prisonnier ! Si le désir pourrait être comparé à un objet qui brille et aveugle, l’attente est un brouillard épais qui fait perdre tout repère et étouffe bien plus sûrement que tout autre sentiment.
Alors comment prendre conscience de l’état de dépendance dans lequel nous plonge cette perfide attente ? Sans doute en en étant conscient, activement conscient ! En se demandant pour toute chose, dans toute situation, dans chaque instant, si le manque de plaisir ressenti provient réellement d’un manque d’épice, où s’il ne provient pas de notre incapacité à savourer... Si le problème est le manque d’épice, et bien essayer en premier de le dire, ne pas avoir honte de le dire. Si la peur de blesser est trop grande, prendre conscience que le manque d’épice n’est pas en soi rédhibitoire, que c’est certes un problème, mais qu’il a sa solution, plus ou moins complexe à définir, mais toujours préférable à l’attente qui ne conduit à rien d’autre que l’impasse !

NB : oui j’avais fermé ce blog (durant trois jours), et oui j’ai changé d’avis, c’est une de mes grandes qualités de changer facilement d’avis (humour).

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12 décembre 2011

Connaître ou apprendre ?

« La vie est une succession de petits emmerdements avec de temps en temps une grosse catastrophe », j’aime bien cette maxime pour son optimisme (humour)... « Les gens intelligents profitent des erreurs des autres, ce sont les imbéciles qui profitent de leurs propres erreurs », et ceux qui ne profitent pas de leurs erreurs, on les appelle comment ?
La vie, l’amour naissent du mystère ; la quête du savoir, la réponse aux questions fondamentales, au doute qui nous anime constituent notre chemin de croix. Pour certains le détachement, la méditation, une vision « contemplative » du monde extérieur semble être une possibilité. Pour d’autres, la foi en un « autre chose » est la seule voie. Pour d’autres enfin, les plus scientifiques d’entre nous, la résolution méthodique des énigmes qui nous entourent est la solution...
Mais au fond, qu’importe ?
Est-ce vraiment la connaissance qui compte, la compréhension des choses ? Il y aura toujours de nouvelles choses que nous ne saurons pas ! Le détachement quand à lui ne donne aucune réponse à nos doutes, à l’amour et ses mystères, il conduit juste à éluder les questions... Quant à la foi... elle ne permet rien d’autre qu’une sorte d’aveuglement rassurant !
En définitive, il me semble qu’apprendre est préférable à connaître.
Apprendre c’est avoir le sentiment de progresser, de ne pas stagner, d’être mieux aujourd’hui qu’hier et moins bien que demain. Apprendre c’est accepter la vieillesse comme une nécessité, un aboutissement personnel, se repositionner dans un cycle, le cycle de la vie, de sa vie.

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05 décembre 2011

De la poule ou de l'oeuf

Voici déjà quelques temps que je ne confonds plus désir sexuel et amour, tant les aléas de la vie nous conduisent à passer par des chemins que l’on n’avait pas forcément désiré/prévu d’emprunter. S’il est évident que l’idéal est de faire coïncider les deux, on peut aussi s’interroger sur la possibilité que l’un a de naître de l’autre, et vice et versa...
Le désir sexuel est par essence instinctif. Du domaine de la pulsion, de l’attrait. Une image, une odeur peuvent suffire. Pour beaucoup une connotation cérébrale est toutefois nécessaire : l’image renvoie à une aspiration plus ou moins intime, secrète... L’amour peut-il éclore de la passion qui naît du désir sexuel ?
Sous réserve de s’entendre sur la notion d’amour, éternel problème, je pense que la réponse est généralement non ! L’amour implique bien plus que le désir sexuel ; ces choses ne sont pas forcément incompatibles, mais elles ne vont pas non plus forcément de pair. Ces sont les fondements de notre être, ses constitutifs. Citons pour exemple le positionnement que l’on a par rapport à la réussite, l’idée que l’on se fait de notre place/rôle en ce monde, la relation aux enfants/parents, un projet de vie commune... autant de points/valeurs dont le partage est nécessaire pour que l’amour s’installe. En poussant un peu, je dirai que le désir s’inscrit dans l’éphémère, l’amour dans le durable, même si l’éphémère peu durer, et le durable peu être bref !
Ainsi, pour moi, l’amour repose sur des piliers, qui renvoient au fondement de l’être, à l’idée que l’on a de nous-même. Cet amour de l’autre peut n’être qu’un leurre : amour d’une image que l’on s’est construite qui ne correspond pas à la réalité... Le décalage entre amour et réalité peut alors être immense : amour aveugle qui conduit à accepter l’inacceptable... Néanmoins, même quand l’amour est construit sur un socle solide, il n’implique pas forcément le désir. On peut aimer la mère de ses enfants et ne plus désirer cette femme aux seins asséchés, au ventre flasque, aux cuisses vergeturées... Est-ce de l’égoïsme, de l’ingratitude ? Sûrement, mais l’Homme est égoïste, ingrat, et donc le débat n’est pas là ! J’en veux pour preuve que l’on peut aussi ne plus désirer cette femme, alors même qu’elle est encore fort belle et séduisante. Par un processus d’usure et de transfert, l’amour a grandi alors que le désir s’en est allé... Lassitude du temps, comportement d’enfant gâté, aveuglement... plusieurs facteurs conduisent à aimer sans désir et à s’interroger sur l’avenir : quand le désir s’en ait allé, son retour est il possible ?
Oui, évidement ; mais, comment ?
Et bien parce que si le désir naît d’une pulsion, image, odeur, il passe aussi pour beaucoup par la recherche de la satisfaction d’un besoin cérébral. L’acte sexuel est aussi un acte d’amour, même si l’on a parfois tendance à l’oublier... Seulement pour que le désir revienne, il faut une véritable prise de conscience des aspirations de chacun. Il faut, quelque part, accepter de s’aimer à travers l’autre, réaliser ce que cela implique, qu’elles en sont les limites. C’est donc bien, il me semble, dans la réciprocité et la simultanéité de cette prise de conscience que se trouve la clef : arriver, enfin, à synchroniser nos horloges biologiques...

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02 décembre 2011

Pudeur déplacée

L’expression de sentiments peut-être spontanée, émouvante, touchante, grotesque, déplacée, difficile, impossible. Tout existe en la matière, mais pleurer devant Bambi qui meurt n’est pas synonyme de sensibilité ou d’empathie, ne pas pleurer au décès d’un proche n’est pas synonyme de froideur ou d’indifférence, ne pas savoir dire « je t’aime » n’est pas synonyme de non amour. Entre sensiblerie et sensibilité il y a montagne, entre froideur et indifférence il y a océan.
Ce n’est pourtant que par l’expression des sentiments de l’autre que l’on perçoit son ressenti !
La maîtrise de ses sentiments, à supposer qu’elle soit utile, n’est pas chose aisée, un minimum de contrôle de leur expression est en revanche nécessaire en société. Depuis tout petit on nous inculque un sens plus ou moins prononcé de la réserve, une certaine forme de contrôle. Et ce contrôle est nécessaire : il n’est pas imaginable de piquer une crise de pleurs à la première contrariété, et le vilain petit garçon capricieux n’est pas forcément un pauvre petit être hypersensible... Entre sensibilité réelle, et blessure démesurée de l’ego il y a encore montagne !
Seulement, tout ceci, on peut le voir, l’analyser, l’objectiver... de l’extérieur ! Pour l’être qui se construit, faire la part des choses est bien plus délicat, et, arriver à l’age adulte, se reproduire à son tour, n’est pas synonyme d’un accomplissement en la matière.
Je peux souffrir et ne pas le montrer, je peux aimer et ne pas le montrer.
Pour certains, cacher, masquer leurs sentiments est constitutif de leur être. On pourrait qualifier ce comportement de pudeur mal placée. Il peut avoir différentes origines : fragilité excessive, qui pousse à se dissimuler pour ne pas être blessé, ego surdimensionné qui conduit à ne pas montrer de faiblesse, ou simple immaturité affective...
Alors, au nom de tous les immatures affectifs, je demande pardon à toutes les femmes de toutes les blessures que l’on a pu vous faire. Prendre conscience de cet état de fait, le formuler par écrit, ou le réaliser par un processus d’identification au cours d’une lecture, n’est hélas qu’un premier pas.
Reste encore à libérer la parole...

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01 décembre 2011

A la recherche du désir

Le désir, pas celui que l’on éprouve, mais celui que l’on inspire, d’où provient il, comment le faire (re)naîte ?
Marabou en culotte courte qui expérimente les facettes de son être pour le rendre agréable, force est de constater que le désir que l’on inspire (ou pas) ne se commande pas, pire, ne se comprend pas...
Pour comprendre le désir que je peux susciter je n’ai d’autre miroir que le désir que je ressens... partant du principe que hommes et femmes sont complémentaires/viennent de Mars ou de Vénus, le désir que je ressens est par nature aux antipodes du désir que j’inspire...
Impasse !
Musculation ou exercices de styles, marathonien ou poète, l’homme qui veut plaire n’est maître d’aucune carte, il ne fait que subir sa destinée... La séduction est éphémère, il n’y a d’autre recette que celle qui marche, il n’y a pas de recette qui marche toujours.
Savoir ne console pas, savoir ne permet pas d’apprendre.
Qu’elle est donc cette étrange science que celle qui ne s’apprend pas ? Qu’elle est donc cette étrange science où l’expérience reproduite ne fournit jamais le même résultat ? Qu’elle est donc cette mécanique obscure dont les rouages à jamais nous échappent ?
Perte de contrôle !
Ce désir que je n’inspire pas/plus, quels que soient mes actes, me renvoie à cette évidence : en amour on ne contrôle rien.
Antichanbre de la mort, qui vient quand bon lui semble, est le désir que j’inspire.
Accepter.
Si l’on ne peut combattre, quand l’impuissance nous accable, lutter est sans issue. Je dois accepter de ne plus être désiré de toi, comme je dois accepter l’inéluctable échéance de ma vie.
Mort du désir.
Le désir est l’amant de la mort, ils se côtoient en un tango funèbre qui nous emporte le temps d’une danse.
Idées noires.
Stupéfaction.
Emporté par le verbe sur le fleuve Achéron...

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21 novembre 2011

Affection

A privatif, nous voici donc privés de fection...
L’Amour, tout le monde connaît, tout le monde sait bien que c’est difficile à atteindre, que les amours sont souvent un pis aller acceptable, mais privé de fection, c’est horrible !
Privé de fection c’est être privé de la plus infime parcelle de tendresse, privé de substrat, privé de ce qui est nécessaire au développement de l’homme. Bien sûr certains arrivent à vivre pour eux, sans autre objectif que leur pomme, mais ce n’est pas le cas de tout le monde ! Pour la plupart des gens être privé de fection conduit à être plongé dans le bourbier des pulsions, sans que le regard de l’autre n’ai d’importance, ni même de sens...
Etre privé de fection c’est être livré à la pire chose qui puisse exister au monde : soi-même !
Donne moi cette fection, je t'en prie... 

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14 novembre 2011

Question de volonté?

« Tu manques de volonté, quand on veut on peut,... », toutes ces petites phrases que l’on a entendues et que l’on assène à son tour, comme lignes de vie, chemin de conduite... ont-elles vraiment un sens ?
Qu’est ce que la volonté ? Une énergie que l’on trouve en soi pour avancer ?
La volonté serait une sorte de carburant, le glucose de la réussite ? La volonté serait un remède au doute, un patch anti état d’âme ?
La volonté comme mouchoir du vague à l’âme, antidote de la mélancolie, secret de la réussite... foutaises !
La volonté c’est la facilité, c’est la confusion de la cause et de l’effet, c’est l’absence de questionnement sur la motivation et la compétence !
Quand on veut on peut, et alors ? Pourquoi est ce que l’on veut, ou voudrait ? Jusqu’à combien, quel est le prix à payer ? Et a-t-on les moyens de payer ce prix, avec quoi, dans qu’elles conditions ?
Ce n’est pas forcément la volonté qui fait défaut quand on échoue, c’est aussi le manque de compétence, ou encore l’inadéquation entre compétences et objectifs...
« J’ voudrai bien mais j’ peux point », car je suis trop vieux... ou trop con ! (pour me rendre compte que je suis trop vieux ?)
Seulement voila, il est plus facile de reconnaître que l’on manque de volonté, que de définir les limites de son incompétence. Il est plus facile à des parents de dire de leurs enfants qu’ils manquent de motivation plutôt que d’admettre leur incompétence...
Et pourtant, nous sommes tous des « Little Miss Sunshine » en puissance ! Nous avons tous des limites, et ce n’est pas tant le positionnement de ces limites qui est important que la connaissance que l’on a de nos frontières... J’aurai certainement pu être président de la république, mais je manque d’agressivité, j’aurai certainement pu être pompier, mais je n’aime pas trop l’uniforme ! Alors je ne suis ni président, ni pompier... et je m’en tape, cônnard !
Vous me faites chier avec votre volonté, je suis assez beau car je ne fais pas peur à mon cheval, je suis assez intelligent car il y a bien plus con que moi, j’ai suffisamment de réussite car je fais des envieux... Voila ce que je pourrai dire, voila ce que je pourrai croire, si je n’avais pas conscience que la volonté, tout comme l’acceptation de l’échec, ne sont que des processus de vie, de survie ? Des routines joyeuses, dépourvues de sens, dépourvues d’intérêt, dont les objectifs n’ont pas de réelle importance dans la connaissance des hommes ou dans l’amour des femmes.... dans ce qui fait que l’on est et que bientôt l’on ne sera plus. Tel le bousier j'avance en poussant ma merde à reculons, car il est des choses qu’il vaut mieux avoir derrière soi que devant, question de perspectives... et d’odeurs !

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27 octobre 2011

Evidence

L’homme ne sait que mal être mère, le cœur de l’homme est passion, combat, conquête... il n’est pas compassion, il n’est pas amour, ou si peu, ou si mal. L’homme est action, l’homme est combat, l’homme ne sait pas exprimer, l’homme a honte, l’homme a peur, l’homme redoute son doute. L’homme est grossier, l’homme est vulgaire, l’homme est brutal, l’homme est dur, l’homme est sympathique, l’homme est muscle, l’homme est squelette. L’homme est montagne, arbre, chêne, pin. L’homme est torrent, glace, feu. L’homme est noir, l’homme est froid, l’homme est blanc. L’homme est échiquier.
La femme n’est pas faite pour être père, le cœur de la femme n’est pas pierre, n’est pas dur, n’est pas ferme. La femme est douceur, tendresse, pleurs, amours et caresses. Mais la femme est aussi renoncement, souffrance, acceptation silencieuse. La femme est sécrétion, la femme est colique, la femme est parasympathique, la femme est viscérale, la femme est sang. La femme est plaine, sable, prairie. La femme est lac, pluie, brise. La femme est rouge, la femme est tiède, la femme est bleue. La femme est arlequin.
Complémentarité, opposition, image dans le miroir, moitié arrachée... mais au fond, qu’importe ? C’est dans l’amour de l’autre, la fusion des corps, la furieuse passion que l’évidence naît : nous sommes faits pour vivre ensembles...

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24 octobre 2011

Vite

Le monde s’est compliqué.
Les évidences se sont refermées, la simplicité s’en est allée, la spontanéité a fui. Lentement ses yeux se sont ternis, la vie a peu a peu quitté son regard, pour ne laisser qu’un trouble, une âme vide de sens, d’espoir, d’envie.
C’est la vieillesse dit on, la perte progressive d’autonome, physique, intellectuelle... La crainte a remplacé la joie, les frissons ont fait place aux tremblements, le corps n’est plus que souffrance, l’âme n’est plus que tristesse.
Alors comment voir encore de la vie dans ce corps ? Comment considérer que si la mort est inéluctable, elle n’est pas encore là ? Comment faire, être, sans faux semblent, sans laisser de soi une image qui fait mal ? Comment accompagner sans accabler ?
Je voudrais les réponses, je voudrais ne pas regretter, je voudrais plus d’évidence, je voudrais savoir être ce que je désire être au lieu de subir ce que je suis.

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07 octobre 2011

Non

Le plaisir de séduire est presque plus important que le plaisir de jouir...
J’aime cette perversion qui pousse la femme à se vêtir d’un « décolleté beaucoup trop décolleté et d’une jupe bien trop courte », cette perversion qui pousse à plaire, comme une déchirure, comme un besoin vital
« Miroir mon doux miroir dis moi que je suis la plus belle » car c’est dans ton regard que je me vois le mieux !
Démesure narcissique ou écorchure intime ?
Qu’importe !
Il y a du pathétique dans la démarche ?
Et alors ?
Qui est le plus pathétique, celle qui se morfond et se consume rongée par l’ulcère du « qu’en dira t on » ou celle qui  se donne, celle qui croque la pomme en se disant que peut-être elle apparaît vulgaire, mais qu’elle aimerait tant être prise, conquise, brûlée jusqu’à la dernière goutte tel un éphémère Icare.
Décolleté trop décolleté car à force de cacher, dissimuler, trahir, elle éprouve le besoin de montrer, se libérer, être elle-même. Jupe bien trop courte car elle éprouve le besoin de jouir de la vie sans entrave, dans la simple nudité de la chair.
Il y a plus d’arrogance dans la démarche que d’exhibitionnisme.
Il y a plus de provocation que de prostitution.
« J’ai besoin de vivre » n’a rien de vulgaire ; c’est juste un cri sourd que le monde ne veut pas entendre ! Qu’on soit au siècle du travail ou à celui du loisir c’est toujours la même rengaine : ton individualité tu n’as le droit de l’affirmer que si c’est pour te la foutre au cul ! Rien n’a changé !
Et bien non !
Moi je veux des décolletés plongeants, des jupes bien trop courtes, des t-shirt déchirés, des jeans trop courts, des vestes tachées et des bobos gominés. Je veux cette pluralité qui fait l’humain, qui fait que dans le travers de chacun je me reconnais un peu, je peux identifier une partie de moi.-même.
Miroir mon beau miroir dis moi que ce monde n’est pas qu’argent, vice, cupidité et pouvoir, dis moi que la folie a encore sa place, que la créativité est possible, que l’homme n’est pas tout à fait mort !

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30 septembre 2011

Les mots

C’est dans le creux des mots que se cache le sens, c’est au fond de ces lignes que la pensée demeure. Qu’il est dur d’exprimer, difficile de dire, qu’il aisé d’écrire, facile d’inventer, facile de duper...
Les mots sont un navire, que l’on aime à prendre, quand la voix fait défaut, la parole est absente.
Les mots sont un breuvage, qui bien vite étourdi, qui trop vite emporte, celui qui les manie.
Les mots sont l’argument des lâches, l’instrument du désir, l’illusion du pardon, les mots dansent et jouent, ils sont elfes et démons. Les mots sont nos alliés, les mots sont notre drogue, les mots sont malicieux, les mots sont prétentieux. Les mots sont des outils, les chirurgiens de l’âme, ils dissèquent et révèlent, nos plus intimes larmes, nous poussent au-delà des limites avouées, nous entraînent au fond des abîmes dorés, les mots sont des sirènes dont le cri nous emporte au-delà du réel, dans un monde enchanté.
Les mots je les adore, les mots je les déteste, les mots sont notre vie, les mots sont ronds et doux, les mots sentent si bon, les mots sont en jupons et c’est en les troussant qu’on révèle leur sens et c’est en les mordant qu’enfin ils rendent l’âme, qu’éperdument couchés sur la page tachée, ils sourient sans malice du plaisir procuré.

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Lettre à Marie

Une froide torpeur s’est étendue sur elle, ses rêves, son corps, ses joies, ses peines... Elle n’espère plus, elle attend. Elle attend qu’Il revienne, elle ne sait pas pourquoi, elle attend qu’Il soit là.
Elle a besoin de Lui.
Elle n’a pas besoin de son corps, elle n’a plus envie, elle n’a plus d’envies. 
Elle n’a pas besoin de lui parler, plus besoin de lui dire, les mots ne viendraient pas, les mots ne soulageraient pas, pas plus que les pleurs, elle a déjà tout dit, elle a déjà trop pleuré, elle a déjà trop dit.
Elle a besoin de sa présence, de son aura, que ce manque cesse, que la pierre soit rapportée, que l’édifice soit reconstruit, ou détruit, elle a besoin de ça.
Il ne lui manque rien, car elle n’existe plus.
Sa vie est devant elle, ses enfants, ses amis, son travail, sa vie se déroule sans elle, elle lui est étrangère.
Parfois elle se dit, que face à un miroir, elle ne se verrait pas. Alors, par jeu, elle fait face à la glace... Alors sa gorge se noue. Elle n’est plus aussi jeune, elle n’est pas encore vieille, elle n’a même plus d’age.
Pourtant, si elle a cessé de vivre, elle n’a pas arrêté le temps. Pourtant le monde change, les jours et les saisons, mais elle ne le voit pas, car elle ne se voit plus.
Ce qui lui manque en fait ? C’est son propre reflet, son ombre, son image... Il la lui a volé ! Et sans son ombre à elle, elle n’a plus de passé, elle n’a plus d’avenir, elle n’a pas de présent.
Est elle malade ? Est elle triste ? Est-elle juste idiote, trop gâtée, capricieuse ?
Elle pourrait simplement avoir envie de Le connaître, car même s’il n’est pas Lui, Il existe vraiment.
Lettre à Marie, lettre à ma mie... 

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07 septembre 2011

Pulsions et morale

Pulsions... que la morale combat !
« Tu ne tueras point », ben oui, sinon ce serait le bordel en ville si chaque fois qu’un gros con te faisait une crasse au volant tu sortais ton flingue, donc la morale nous apprend à ne pas tuer ! C’est assez universel et assez bien accepté...
« Tu ne forniqueras pas avec ta mère ou ta sœur », car sinon ça donne des enfants monstrueux, on n’est pas des pigeons ! Bon, ça aussi c’est assez communément accepté, là encore la morale a bien fait son travail !
« Tu ne te foutras pas trois tonnes de crédits sur le dos car sinon tu ne pourras pas payer »... Là ça commence à ne plus trop marcher ! On pourrait même dire qu’il y a toute une économie dont l’objectif semble être de mettre à la rue les pauvres gens, qui du coup le deviennent un peu plus ! « Tu exploiteras ton prochain autant que tu pourras » devenant l’adage de rigueur !
« Tu ne forniqueras pas en dehors du mariage », car tu risques de choper la chtouille et de la filer à ta femme (ou ton homme), et puis quand on s’est juré fidélité c’est mentir et mentir c’est pas beau ! Seulement voilà, ça tu en as trop envie, et puis une petite voix te dis qu’en prenant quelques précautions, ni vu ni connu, et « il n’y a pas de mal à se faire du bien », et « sucer c’est tromper » ?
La gestion des pulsions est en définitive un mécanisme complexe, où la morale a sa place, le désir la sienne, et ou chacun pondère en fonction de son vécu et de sa propre échelle de valeurs... Rien de neuf sous le soleil me direz vous... certes ! Mais si on accepte le principe que chacun se comporte plus ou moins selon sa propre échelle de valeurs, il devient plus facile de comprendre pourquoi l’infidélité est un sport national alors que le meurtre reste assez limité ! Parce que derrière la morale, derrière le bien et le mal, derrière le blanc et le noir, se cache l’acceptable, le gris, avec toutes ses nuances !
Comme la vérité, qui n’existe pas, le bien et le mal n’existent pas, chacun a une vision personnelle du tolérable : pour lui, pour les autres.
Ce n’est pas l’acte qui compte mais le sentiment auquel il renvoie !
La morale n’existe pas, elle est le plus petit commun dénominateur multiple d’un groupe d’individus, plus ou moins névrosés et compulsifs !
Dieu étant mort depuis pas mal de temps, la vérité étant inaccessible ou inexistante, le bien et le mal, la morale n’étant qu’un ensemble de conventions plus ou moins élastiques, que reste t’il à l’homme ?
L’amour ?
Bof !
Si on considère que l’amour n’est qu’un mot qui recouvre un large panel de sentiments dont le désir charnel, les liens de filiation et la satisfaction du plaisir narcissique constituent la grande majorité de la problématique, il est difficile de croire que l’amour sauvera un jour le monde...
Pire que le doute existentiel, le doute du monde en devenir s’installe...
Je ne sais pas qui je suis, ni d’où je viens, ni où je vais, ni pourquoi ou comment j’y vais, mais il y a pire encore : l’homme, l’humanité, le monde en sont de même !
Dans un tel contexte comment imaginer instruire le combat des pulsions par la morale ou l’éducation ?
Et que l’on ne me rétorque pas que cette méthode a fait ses preuves autrefois, car autrefois la terre était plate !

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